La gestion rigoureuse de la biosécurité et des conditions d’élevage pourrait diminuer la nécessité d’administrer des additifs pour améliorer la performance des oiseaux. Photo : Gracieuseté des EVQ
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S'abonner maintenantL’équipe du professeur Nabeel Alnahhas, du Département des sciences animales de l’Université Laval, étudie l’efficacité des probiotiques comme solution de rechange potentielle aux antibiotiques de classe 3. Dans la phase expérimentale de ce projet financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, de premiers constats ont été établis.
« Nous nous sommes demandé s’il était possible d’utiliser des probiotiques pour arriver à des performances équivalentes aux performances obtenues avec des antibiotiques de classe 3, de sorte qu’on puisse remplacer ces antibiotiques par des probiotiques », explique le professeur Alnahhas.

L’hypothèse in ovo
Les probiotiques sont souvent administrés par voie orale, soit par l’alimentation ou l’eau de boisson. Ils sont alors confrontés au microbiote déjà installé dans le tube intestinal des oiseaux, qui leur fait compétition. « Parfois, ces probiotiques sont capables de s’adhérer à la muqueuse intestinale et de produire leur effet favorable; mais lorsqu’ils ne parviennent pas à s’installer, ils ne produisent pas d’effet », observe le chercheur.
Devant les résultats variables des probiotiques administrés après l’éclosion, l’équipe du professeur Alnahhas a examiné l’effet d’un mode d’administration in ovo. « L’idée est que l’œuf est un milieu assez stérile et que le tube intestinal de l’embryon n’est pas colonisé par des bactéries, donc que les probiotiques injectés in ovo auront de meilleures chances de s’implanter », raisonne le chercheur. « C’était notre hypothèse qu’avec une administration in ovo des probiotiques, on pourrait potentiellement avoir des effets favorables sur les performances des oiseaux, équivalentes à celles qu’on observe chez des oiseaux auxquels on administre des antibiotiques par l’alimentation. »
Plusieurs combinaisons de probiotiques ont été testées à des doses croissantes, afin d’évaluer leur impact sur le taux d’éclosion, le poids à l’éclosion et la qualité des poussins. L’équipe de recherche a isolé deux combinaisons, les a injectées in ovo, puis a fait éclore les poussins. Ces poussins ont ensuite été placés dans un poulailler expérimental avec un groupe de témoins négatifs nourris sans probiotiques ni antibiotiques, et un 4e groupe témoin ayant reçu des antibiotiques de classe 3. « Ce qu’on observe au niveau des performances zootechniques, c’est qu’à la fin de la période d’élevage, les oiseaux à qui on avait injecté ces probiotiques avaient des performances statistiquement très similaires aux performances des oiseaux qui avaient reçu les antibiotiques », rapporte le chercheur.
La biosécurité, un facteur clé
L’étude a été réalisée dans un milieu où tous les paramètres d’élevage étaient bien contrôlés, un élément crucial dans l’interprétation des données. « L’analyse statistique nous a montré que ni les probiotiques ni les antibiotiques n’avaient eu d’effet favorable par rapport au groupe témoin négatif. La conclusion, c’est que dans des conditions d’élevage bien maîtrisées, on n’a pas besoin d’additifs qui visent à améliorer les performances des oiseaux. » Cette conclusion s’applique strictement aux conditions d’élevage optimales, nuance cependant le professeur.
La première phase du projet, qui vise l’analyse des performances des oiseaux en milieu contrôlé, se terminera à la fin de 2026. L’étape suivante, consistant à valider ces résultats en milieu d’élevage commercial, débutera en 2028.