Territoire 26 mars 2026

Front commun pour un moratoire sur le développent éolien

LONGUEUIL– Quatre organisations réclament la suspension du 3e appel d’offres qu’Hydro-Québec s’apprête à lancer, au début du mois d’avril, pour sélectionner des projets privés qui totaliseront une production éolienne de 5 000 mégawatts.

Dans une conférence de presse commune, le 26 mars, l’Union des producteurs agricoles (UPA), le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), l’organisme Vent d’élus et le Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ) ont fait front commun pour inciter la société d’État et le gouvernement québécois à prendre une pause et à réévaluer dans son ensemble les effets du développement de centaines d’éoliennes supplémentaires sur le territoire, plutôt qu’au cas par cas. Elles demandent également la tenue d’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour réaliser une analyse générique d’impact de la filière éolienne, notamment dans les zones habitables et agricoles. 

« Ça ne fait aucun sens, parce que le territoire agricole est déjà sous pression face à l’étalement urbain, aux spéculateurs immobiliers, aux projets industriels et à la construction d’infrastructures. Il faut à tout prix éviter d’aggraver le problème et interdire tout nouveau projet éolien en zone agricole dynamique et dans les érablières. Nous demandons qu’une véritable discussion ait enfin lieu avec la population », a déclaré Martin Caron, président général de l’UPA, pendant la conférence de presse. À ses côtés, Rachel Fahlman, présidente de l’organisation Vent d’élus, a rappelé qu’Hydro-Québec pouvait notamment choisir « d’exclure les zones agricoles et les terres habitées de ses appels d’offres », ou choisir d’appuyer la demande d’un BAPE générique sur la filière éolienne. « Hydro-Québec nous répond qu’il y a déjà des BAPE spécifiques pour chaque projet, mais c’est justement ça le problème, car on occulte les effets cumulatifs, surtout pour notre garde-manger. Quand on parle d’une ou deux éoliennes, ça semble anodin, mais si on parle de 1 000, ça commence à avoir des impacts importants » a-t-elle illustré. Les représentants du regroupement n’ont pas précisé s’ils planifiaient d’autres actions si Hydro-Québec ou le gouvernement faisaient la sourde oreille à leur demande.

Rachel Fahlman, présidente de Vent d’élus, a pris la parole avec Martin Caron, président général de l’UPA, Pierre-Guy Sylvestre, conseiller syndical au SCFP, et Janie Vachon-Robillard, coordonnatrice au RVÉQ, lors d’une conférence de presse, le 26 mars, dans les bureaux de l’UPA, à Longueuil. Photo : Patricia Blackburn/TCN