La Coopérative de solidarité Massicotte abattait jusqu’à 1 700 poulets par semaine. Crédit : Archives/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLes créanciers ayant rejeté la proposition qui aurait permis à la Coopérative de solidarité Massicotte de poursuivre ses activités, le 19 mars, cet abattoir de volaille fait désormais face à la faillite.
L’abattoir de Saint-Luc-de-Vincennes, en Mauricie, cumule une dette de plus de 1,2 M$, dont 220 000 $ à la Caisse d’économie Desjardins, 220 000 $ à Investissement Québec et près de 200 000 $ à un organisme qui finance le développement coopératif nommé Fiducie du chantier de l’économie sociale. La coopérative doit aussi 600 000 $ doit à ses créanciers non garantis. Les investissements effectués par les membres de la coopérative n’ont pas été comptabilisés, mentionne le syndic responsable du dossier chez Lemieux Nolet, Gino Bouchard, mais certains membres auront des pertes importantes.
Deux ans après la relance de ses activités, l’abattoir a déposé, en juin 2025, un avis d’intention de se placer à l’abri de ses créanciers. Il a proposé un plan de redressement à ses créanciers, qui étaient prêts à l’accepter à condition de remplir certaines exigences, a indiqué M. Bouchard. « Malheureusement, même dans les opérations suivant la proposition, même en ayant des finances quand même relativement allégées, malgré tout ça, c’était encore difficile. Il y a eu des défauts de paiement au niveau des gouvernements et des assurances. Donc, les liquidités étaient encore extrêmement difficiles et l’approvisionnement était difficile. Puis, les créanciers ont perdu confiance dans une réhabilitation potentielle et ont décidé de mettre un terme aux opérations », mentionne le syndic.
Les activités de la coopérative s’arrêteront au cours de la semaine du 23 mars, afin de ne pas perdre de denrées périssables. Quatorze employés seront mis à pied par la suite.
Les producteurs dont des lots de volaille étaient en processus de transformation au moment de la fermeture récupéreront leurs stocks. Ils devront toutefois préalablement payer le service d’abattage, de découpe ou d’emballage dont ils ont bénéficié. Le syndic les contactera à cet effet. « Ça va être restitué le plus tôt possible pour éviter les pertes sur ces stocks-là », mentionne-t-il.
Démarrage difficile
L’abattoir a fait face à de nombreux problèmes dès le lancement officiel de ses activités, en juin 2023. L’année suivante, en juin 2024, La Terre rapportait qu’en raison d’un délai de raccordement au réseau public d’Hydro-Québec plus long qu’initialement annoncé, la Coopérative de solidarité Massicotte avait démarré ses activités « dans le rouge » avec des frais de 30 000 $. La non-conformité du système de traitement des eaux a également posé problème et empêché l’accroissement de la capacité d’abattage.
« Le projet n’a vraiment jamais bien été. Il y a eu toutes sortes d’embûches qui ont fait qu’on se retrouve là aujourd’hui », indique Gino Bouchard.
Marie-France Côté, la directrice générale qui a été en poste de juin 2024 à novembre 2024, a quitté ses fonctions en raison d’un arrêt de travail. « Je n’ai jamais souhaité la fermeture de cette place-là. Au contraire, je me suis rendue malade pour la garder ouverte », confie-t-elle, en précisant que d’autres facteurs étaient également en cause dans son épuisement professionnel.
Liquidation
Au moment d’écrire ces lignes, le 20 mars, une équipe mandatée par le syndic faisait l’inventaire et l’évaluation de la valeur des actifs dans les installations de l’abattoir.
« Il faut procéder à une liquidation, mais on n’est pas obligés de procéder à un démantèlement, soutient M. Bouchard. Si on a des offrants qui ont un intérêt, à titre privé, de redémarrer tout ça, c’est sûr qu’ils ont l’occasion de repartir avec une structure potentiellement financière beaucoup plus saine, parce qu’il y a une certaine quantité de créances qui vont être écartées ou effacées. Donc, quelqu’un qui en fait la reprise, qui fait une offre intéressante aux créanciers, peut redémarrer les opérations relativement rapidement. »
Le dépôt des offres devrait se faire d’ici un mois.