Bio 20 mars 2026

Une meunerie bio et ses deux robots

ANGE-GARDIEN – Aux grands maux, les grands remèdes. La Ferme Bio-Rard, qui fabrique de la moulée biologique destinée aux animaux d’élevage, a investi 1 M$ dans les dernières années pour automatiser son processus de mise en sac, notamment avec l’ajout de deux robots. Une initiative de mécanisation peu courante pour une petite meunerie, qui qualifie sa production de marginale.

Le projet a été coûteux, mais Donald Bérard ne regrette pas le choix qu’il a fait d’automatiser entièrement sa petite usine d’emballage de moulée bio.
Le projet a été coûteux, mais Donald Bérard ne regrette pas le choix qu’il a fait d’automatiser entièrement sa petite usine d’emballage de moulée bio.

« Avant, tout était manuel, mais il n’y avait pas de main-d’œuvre qui restait pour faire ces tâches-là. C’est répétitif et il y a des risques de blessure. Maintenant, j’ai un bel entrepôt; tout se fait tout seul. Je ne m’en passerais pas », raconte le ­copropriétaire de l’entreprise d’Ange-Gardien, en Montérégie, Donald Bérard, dont la production de moulée vendue en sac devrait atteindre les 1 500 tonnes, cette année. C’est peu comparé aux quantités fabriquées par les grosses meuneries plus industrialisées, mais beaucoup plus que ce qu’il était en mesure de produire lorsque tout était fait manuellement. 

Les deux robots dont il a fait l’acquisition entre 2020 et 2022 s’occupent de l’ensachage et du palettage sur la ligne de production, et remplacent le travail de deux hommes. Un seul employé est désormais requis pour approvisionner le système et superviser les opérations. 

Au départ, un premier robot s’occupe de remplir les sacs de moulée, un après l’autre, avant que ceux-ci soient déposés sur un convoyeur qui les dirige vers le deuxième robot, soit un grand bras mécanisé qui les empoigne, puis les empile sur une palette. Ensuite, le lot de sacs empilés est enveloppé dans une pellicule de plastique qui vient le solidifier avant qu’il soit livré aux clients. 

De la moulée bio depuis 20 ans 

Cela fait plus de 20 ans que la Ferme Bio-Rard, qui a un élevage des poulets biologiques, produit sa propre moulée bio, à partir de grains locaux, en grande partie achetés, mais aussi produits à même ses terres. Environ 60 % de la moulée que l’entreprise fabrique est vendue, surtout en sac, tandis que le reste sert à nourrir son élevage. 

Lorsqu’il a commencé, Donald Bérard raconte que la production de moulée biologique était rare, voire inexistante, et qu’il n’y avait à peu près pas de marché pour cela. Avec le temps, il a développé une clientèle, mais faire sa place en tant que petit joueur, avec une telle niche, n’a pas été simple.

« Le marché, il n’y en a pas. Il faut que tu le fasses. Ce sont de grosses compagnies qui gèrent l’alimentaire », indique l’agriculteur, qui a longtemps « cogné aux portes » pour trouver des clients. Aujourd’hui, il vend autant ses produits à des distributeurs qu’à des fermettes qui lui achètent deux sacs.

Cela fait plus de 20 ans que la Ferme Bio-Rard produit sa propre moulée bio, à partir de grains locaux, en grande partie achetés, mais aussi produits à même ses terres.
Cela fait plus de 20 ans que la Ferme Bio-Rard produit sa propre moulée bio, à partir de grains locaux, en grande partie achetés, mais aussi produits à même ses terres.

Lorsqu’on lui demande si ça vaut la peine de faire sa propre moulée, considérant tous les défis que ça implique, Donald Bérard répond que oui. 

« Je l’ai toujours fait, parce que je pense que c’est dans la transformation qu’il y a de l’argent. Il faut ramener de la transformation dans les fermes pour avoir une plus-value », conclut-il.