La productrice agricole Karine Vachon (à droite) a agi comme membre du jury au Défi conception. Photo : Gracieuseté de l’UPA-Estrie
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S'abonner maintenantLes problèmes liés aux ravages de la faune nuisible dans les cultures se sont invités au Défi conception de l’Université de Sherbrooke. Près d’une trentaine d’étudiants en génie ont participé, le temps d’un week-end, à l’élaboration de solutions techniques qui, sait-on jamais, pourraient un jour se retrouver dans un champ près de chez vous.
Le prototype, qui a valu à son quatuor de concepteurs de remporter le premier prix, est plutôt élaboré. En plus d’un système de reconnaissance des chevreuils propulsé par l’intelligence artificielle, il inclut un dispositif de conditionnement de l’animal, avec sons et lumières, pouvant lancer des projectiles (avec de l’urine de coyote).
« Le Défi conception est avant tout un exercice de créativité et d’ingénierie appliquée », précise Mélyssa Mongeau, coordonnatrice des événements entrepreneuriaux et projets spéciaux à l’Université de Sherbrooke. Bref, l’idée n’est pas de livrer une solution prête à être commercialisée. Mais rien n’empêche ceux qui le souhaitent de poursuivre l’exercice, dit-elle.
S’il n’en tient qu’à Karine Vachon, une productrice agricole de Compton membre du jury du défi, certains prototypes ont d’ailleurs « un excellent potentiel de développement ».

Problème réel
Mme Vachon et son conjoint, Jean-François Bolduc, de la Ferme JF Bolduc, sont en quelque sorte à l’origine du thème proposé cette année aux participants de la compétition.
Ils ont soumis, l’an dernier, au Centre d’innovation agricole (CIAgricole) de Coaticook, les problèmes qu’ils éprouvent dans leurs cultures avec la faune sauvage. L’UPA-Estrie a également documenté le sujet, qui touche un nombre important de producteurs.
Le chargé de projet Étienne Lafortune, qui fait le pont entre le CIAgricole et l’Université de Sherbrooke, y a vu une occasion pour le Défi conception, organisé par les ressources en entrepreneuriat et innovation sociale de l’Université de Sherbrooke.
Question de bien préparer les participants au défi, Karine Vachon les a d’ailleurs rencontrés pour témoigner des dommages et conséquences (y compris économiques) de la faune dans ses champs.
Selon la productrice agricole, peu de solutions techniques sont présentement offertes. Le travail des étudiants en génie pourrait ainsi intéresser plusieurs producteurs, croit-elle, « pour autant que le coût reste accessible et que des tests confirment le bon fonctionnement ».
Une suite?
Selon le coorganisateur du défi, Charles Chapdelaine, d’autres prototypes, mettant notamment de l’avant des solutions sonores (canon à son) et un outil facilitant l’installation de clôtures dans les champs, se sont également illustrés.
Deux équipes auraient démontré de l’intérêt à poursuivre leur travail. Karine Vachon, qui agit également comme vice-présidente des Producteurs de grains de l’Estrie, affirme être déjà prête à les accueillir à sa ferme pour la phase de tests.
« C’était un exercice d’une fin de semaine, rappelle Étienne Lafortune. Il reste des validations à faire pour s’assurer de la conformité des prototypes. Mais c’est le début de quelque chose. »
Cela contribuera, croit-il, à « paver la voie » à d’autres collaborations entre l’Université de Sherbrooke et le secteur agricole. L’UPA-Estrie a d’ailleurs également fait partie du jury du Défi conception.