International 2 mars 2026

Le déficit commercial agricole des Américains se réduit 

Les dirigeants du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) affichaient un optimisme marqué au 102e Forum sur les perspectives agricoles américaines, les 19 et 20 février. Alors qu’un an plus tôt, la secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins, dépeignait un sombre portrait du secteur agricole américain au micro, elle a annoncé cette année une première réduction du déficit commercial agricole depuis 2021.

« Au début de l’année 2025, nous anticipions un déficit agricole de 50 G$. Grâce à tous les nouveaux accords commerciaux et à l’ouverture de certains marchés, ce déficit s’est élevé à 41,5 G$. Il reste encore un long chemin à parcourir pour revenir à zéro ou à un excédent, mais nous avons dépassé les prévisions de près de 9,15 G$ », a indiqué la secrétaire Rollins, en expliquant que la balance commerciale était historiquement excédentaire avant la pandémie. « De 2020 à 2024, aucun nouvel accord commercial n’a été signé. Vous combinez donc une explosion des coûts des intrants avec une érosion de nos opportunités à travers le monde au cours de ces quatre années, a-t-elle mentionné. Nous sommes passés d’un excédent commercial au début de 2021 à un déficit commercial agricole de près de 50 G$, au début de 2025. »

15 ententes en moins d’un an

Depuis que le président Trump a imposé des tarifs « réciproques » de 10 % sur les importations américaines, en avril 2025, la négociatrice en chef pour l’agriculture au Bureau du représentant américain au Commerce, Julie Callahan, a négocié près de 15 accords de commerce et ententes-cadres à travers le monde, dont sept ont été conclus. 

Selon elle, l’imposition de tarifs a constitué un tournant décisif dans l’ouverture des marchés. « Les droits de douane réciproques sont vraiment le moteur et la raison pour laquelle un certain nombre de partenaires commerciaux étaient plutôt réticents, par le passé, à s’attaquer aux barrières non tarifaires qui affectent les exportations américaines vers leur marché. C’est vraiment une occasion unique d’avoir un président qui déclare ouvertement que l’accès au marché américain ne doit pas être considéré comme acquis ou comme un droit, dit-elle. Nous avons désormais un président qui est prêt à contrôler ce marché et à dire que si vous ne traitez pas nos agriculteurs correctement, vous en subirez les conséquences. Et la conséquence est un tarif réciproque qui pourrait vous rendre moins compétitif [sur notre marché intérieur] par rapport à vos voisins. » 

En 2026, l’USDA anticipe un déficit commercial de 36 G$.

De meilleurs revenus à la ferme

« Accroître la demande est LA solution à long terme pour obtenir de meilleurs prix, même dans un contexte de hausse de coûts de production [à la ferme] », a indiqué l’économiste en chef de l’USDA, Justin Benavidez. Car les prix actuellement payés pour les intrants dépassent « de loin » les prix reçus par les producteurs américains. 

La situation promet toutefois de s’améliorer en 2026. 

D’une part, grâce au plan dévoilé en septembre dernier par l’USDA et le département de la Justice, les coûts de production seront appelés à diminuer. Selon la secrétaire Rollins, il permettra de réduire les prix des engrais de 1,4 %; des semences, de 1,3 %; du carburant, de 6 % et des pesticides, de près de 8,5 %. 

D’autre part, Justin Benavidez anticipe des prix en légère augmentation pour les matières premières et l’élevage.

« Nous prévoyons une augmentation d’environ 10 cents par boisseau pour le maïs, les haricots et le blé », a mentionné Justin Benavidez. Le revenu net moyen à la ferme sera également en légère augmentation en 2026 pour le maïs, le soya, le blé, les cultures de spécialité et le coton, notamment grâce à une combinaison de prix élevés et d’un filet de sécurité « plus solide, qui a été autorisé dans le cadre du One Big Beautiful Bill », dit-il. 

Dans les élevages, le revenu moyen net anticipé à la ferme sera toutefois en diminution en 2026, à l’exception de la production bovine. 

L’aide directe aux agriculteurs est cependant estimée à 44 G$ en 2026, ce qui représente 25 % du revenu agricole net en espèce. 

Rappelons que l’administration Trump a mis en place des mesures d’aides directes afin de soutenir les agriculteurs affectés par les perturbations du marché, en attendant de pouvoir bénéficier, plus tard cette année, des mesures adoptées dans le One Big Beautiful Bill en juillet dernier. La loi prévoit notamment qu’un plus grand nombre de producteurs de la relève soient admissibles aux primes d’assurance récolte, que les prix de référence pour les programmes de sécurité du revenu soient augmentés entre 10 et 21 % pour le maïs, le soya et le blé et que les superficies admissibles à ces programmes soient notamment augmentées de 30 000 acres. Selon le Farm Bureau, cette loi devrait accroître les dépenses consacrées à l’agriculture d’environ 65,6 milliards $ au cours de la prochaine décennie.