Alexandre et Maxime Laroche représentent la sixième génération à la ferme du 9e-et-10e Rang, à Saint-Camille. La septième génération est aussi au rendez-vous. Photos : Gracieuseté de la Ferme La Seigneurie
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S'abonner maintenantSAINT-CAMILLE – La Ferme La Seigneurie, à Saint-Camille, en Estrie, a fait un grand bond sous l’impulsion des frères Maxime et Alexandre Laroche. Ils ont investi dans la technologie, de même que dans un nouveau complexe laitier, et misent sur la génomique pour optimiser les performances de leur troupeau. Pas étonnant qu’ils aient été finalistes, cette année, au volet provincial du concours des Jeunes agriculteurs d’élite du Canada.
« C’est une belle reconnaissance. On est très heureux d’avoir pu se rendre parmi les trois finalistes », affirme Alexandre Laroche, 40 ans.
Il faut avouer que Maxime et Alexandre, sixième génération de Laroche à la ferme du 9e-et-10e Rang, semblent former un duo redoutable. Le premier voit à la culture des terres, tandis que le second veille à la régie du troupeau.
Depuis qu’ils se sont joints à l’entreprise familiale à partir du milieu des années 2000, les frangins ont enchaîné les projets. Parmi les premiers : l’acquisition d’équipements d’agriculture de précision (GPS, entre autres). Et ils en voient aujourd’hui les bénéfices, assure Maxime Laroche, 42 ans.

Les producteurs cultivent du maïs – d’ensilage surtout –, du soya, du blé, ainsi que des prairies sur quelque 405 hectares.
Ils ont aussi terminé, en 2020, la construction d’un complexe laitier près des installations existantes, après des années d’agrandissements « par en dedans » au cours desquelles la traite robotisée a été implantée, souligne Alexandre.
Depuis quatre ans, les Laroche s’occupent également du troupeau et cultivent les terres d’une seconde ferme, également à Saint-Camille, acquise par la conjointe de Maxime. Les deux sites sont exploités en synergie, expliquent les frères.
Défis à relever
Les performances laitières du troupeau de la Ferme La Seigneurie ont d’ailleurs connu une croissance rapide, depuis qu’une importance est accordée à la génétique. Les premières expériences remontent à 2019, relève Alexandre Laroche.
La génomique nous a permis d’identifier 40 % de nos vaches supérieures, qui sont inséminées avec la semence sexée femelle Holstein Ça nous permet d’avoir la relève femelle de nos meilleures vaches. Les 60 % restants sont inséminés avec la semence Angus.
« C’est un ratio qui nous permet de faire un certain accroissement avec le quota qu’on est capables d’acheter », ajoute le producteur laitier.

Au cours des deux dernières décennies, le quota de la ferme est passé de 95 à 230 kg de matières grasses par jour. Il atteint 315 kg en ajoutant le deuxième site de production. Le taux de gras de leur lait est de 1,77 kg par vache, par jour, précise Alexandre.
Les deux frères n’ont toutefois pas toujours eu la partie facile. Leur plus grand défi, disent-ils, a été de « faire croître l’entreprise et de la moderniser avec un niveau d’endettement quand même assez élevé ». Des investissements importants ont été réalisés par leurs parents en 2000 dans le complexe laitier.
Pour rentabiliser en partie leurs investissements, ils ont d’ailleurs entrepris d’offrir des travaux à forfait.
Préparer le terrain
Alors que leur frère aîné, David, a pris une autre direction, Maxime et Alexandre ont pour leur part décidé de prendre la relève de leurs parents, Mario Laroche et Micheline St-Laurent. Réalisé de façon graduelle, le transfert d’entreprise a été terminé officiellement en 2022. En guise de « projet de retraite », le paternel veille à l’exploitation d’une érablière de 5 000 entailles.
Cet intérêt des frères Laroche pour l’action et la croissance a également pour objectif avoué de préparer le terrain pour la septième génération. Déjà, Loïc, l’aîné de Maxime, s’est joint à temps plein à l’entreprise l’an dernier. Les deux frères de ce dernier semblent vouloir suivre ses traces. Même chose pour les deux aînés d’Alexandre. Cela reste encore à voir pour les deux plus jeunes.
Et tout est en place pour que la croissance se poursuive à moyen et long terme. « Tout est prêt pour agrandir [le complexe laitier], précise Maxime. Il reste deux phases à faire dans ce bâtiment-là pour monter à six robots. »
Les performances laitières du troupeau ont connu une croissance rapide, depuis qu’une importance est accordée à la génétique.
Le bon coup de l’entreprise
L’utilisation de la génomique a eu l’effet d’une petite révolution pour les frères Laroche. « Ça nous a donné une bonne longueur d’avance, d’avoir commencé ça il y a quelques années », affirme Alexandre, responsable de la production laitière. Selon lui, les améliorations génétiques apportées à leur troupeau Holstein devraient permettre, à elles seules, d’augmenter le quota de la ferme. « Avec les bâtiments actuels et trois robots de traite, on est présentement à 230 kilos [sur le site principal] et on serait bons pour se rendre à 300 kilos au cours des prochaines années, sans acheter [et nourrir] plus de vaches », dit le benjamin de la famille.
Fait maison
L’utilité de l’épandeur de précision, acquis par la Ferme La Seigneurie il y a environ 10 ans, n’est plus à démontrer, selon Maxime Laroche. Celui-ci apprécie cet équipement particulièrement pour l’application de la potasse à taux variable, c’est-à-dire sur les hectares, ciblés par les cartes de rendement, où les besoins sont plus importants. Bref, cela permet d’optimiser les pratiques de fertilisation. Autre avantage : cela contribue, dans la foulée, à rentabiliser les investissements réalisés par le passé pour l’acquisition d’équipements de positionnement GPS, relève le producteur.
| Fiche technique | |
|---|---|
| Nom de la ferme : | Ferme La Seigneurie |
| Spécialités : | Production laitière, céréalière et acéricole |
| Année de fondation : | 1959 |
| Noms des propriétaires : | Maxime et Alexandre Laroche |
| Nombre de générations : | 6 |
| Superficie en culture : | 405 hectares |
| Cheptel : | 370 têtes, dont 200 vaches en lactation |
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