Le producteur laitier Rémy Côté (à gauche) garde de lointains souvenirs du mécanicien Yves Lemonde, qui travaillait avec son père avant lui, et qui est devenu, au fil du temps, un ami de la famille. Photos : Patricia Blackburn/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-HYACINTHE – Passionné d’agriculture, Yves Lemonde y consacre sa vie depuis l’âge de 17 ans. Même si son nom n’a jamais été écrit sur le silo d’une ferme, il est néanmoins familier pour de nombreux producteurs agricoles de la Montérégie et de plus loin encore. Portrait d’un homme apprécié par ses pairs.
De la cabine du tracteur, M. Lemonde n’entend pas la question. « Aidez-vous souvent aux récoltes? » Après avoir fermé le moteur, il descend et répond que non. S’il le fait ici, c’est parce que le père de Rémy est un ami. « Quand je ne travaille pas, si ça m’adonne, je viens lui donner un coup de main. Je m’ennuie de ça [du travail au champ], et ça passe le temps », précise-t-il. Rémy, c’est le propriétaire de la Ferme laitière Côté, à Saint-Hyacinthe. Son père était jadis un client de M. Lemonde, qui est mécanicien agricole. Rémy Côté le voit passer à la ferme pour régler les problèmes de machinerie depuis qu’il est enfant, comme s’il faisait partie de la famille. « Ici, il a travaillé avec mon père et moi, mais il y a certaines fermes où il a côtoyé trois générations », mentionne M. Côté.
« Il y a en effet une dizaine de fermes comme ça, et encore plus où j’ai vu deux générations. J’espère que je serai à la retraite avant d’arriver à la quatrième! Ça ne me rajeunit pas », lance M. Lemonde à la blague.

Le semi-retraité se surprend souvent d’entendre certains de ses clients, comme Rémy, lui dire qu’ils se souviennent de ses visites quand ils avaient « 5-6 ans ». « Ils se rappellent que j’avais toujours des jouets dans mon camion. Aujourd’hui, ils comprennent pourquoi : c’était pour savoir où ils étaient. C’est une méthode que j’avais apprise : je gardais des petits tracteurs, et quand il y avait des enfants qui étaient trop près des réparations que je faisais, je les faisais s’asseoir en arrière de mon camion et je leur prêtais ces petites machines-là. Et ils s’en rappellent », s’étonne-t-il encore.
« Tout le monde te connaît, toi! »
Né dans une ferme laitière, porcine et de betteraves à sucre en Montérégie, le mécanicien agricole de formation a toujours donné un coup de main ici et là dans les champs, en parallèle de son travail. Un travail pour lequel il se passionne toujours autant, et qui l’a mené aux États-Unis, notamment en Iowa, au Nebraska et en Californie, pour être formé chez les fabricants de machinerie. Il est, au fil du temps, devenu un spécialiste d’équipement de semence et de récolte.
Aujourd’hui à l’emploi de Terapro, il est appelé à se rendre aux quatre coins de la province pour partager son expertise avant la retraite. « Comme ils me disent au garage : tout le monde te connaît, toi. C’est sûr, avec les années que j’ai travaillé avec les producteurs, autant pour les aider sur leur terre que comme réparateur, j’en ai côtoyé beaucoup. Il y en a même quelques-uns qui sont devenus de bons amis », souligne-t-il.
Son secret pour garder la confiance de ses clients à travers les générations? Outre son professionnalisme, il mentionne avoir toujours maintenu une neutralité dans les échanges, en évitant les sujets épineux. « Surtout dans un petit milieu où tout le monde se connaît, il ne faut pas embarquer là-dedans. Quand les conversations vont dans cette direction-là, je change de sujet et je spécifie que je ne veux pas me mêler de ça. Je dois me promener partout avec mon travail, alors je veux être ami avec tout le monde », souligne le mécanicien apprécié de tous.