L’Ontario fait actuellement face à une crise importante de DEP-DCVP, alors que les cas se multiplient sur son territoire depuis l’hiver. Ces deux maladies affectent surtout les porcelets en maternité. Photo : Archives/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLe lavage et la désinfection des remorques de transport et des quais d’embarquement dans les abattoirs n’ont pas empêché le deltacoronavirus porcin (DCVP) de frayer son chemin jusqu’à deux sites d’engraissement porcin en Montérégie et en Estrie.
Les deux cas, l’un à Saint-Dominique, l’autre à Saint-Georges-de-Windsor, ont été confirmés le 18 février par les Éleveurs de porcs du Québec, qui ont lancé un appel à la vigilance pour limiter la propagation interrégionale.
Cette maladie, qui n’en est pas une à déclaration obligatoire, reste quand même préoccupante pour l’industrie puisqu’elle peut causer des mortalités importantes dans les maternités porcines, affectant surtout les porcelets en bas âges. « Ç’a moins d’impact dans les engraissements, mais il faut contrôler la propagation pour éviter que ça se propage aux maternités », précise Martin Pelletier, coordonnateur de l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP).
L’Ontario connaît, cet hiver, une vague de cas, 75 jusqu’ici, de deltacoronavirus porcin et de diarrhée épidémique porcine (DEP), deux maladies liées. Puisque les échanges entre les deux provinces sont nombreux, les risques sont donc élevés d’introduire le virus ici.
Toute l’industrie collabore à renforcer la prévention, qui se fait de manière volontaire.
Et bien que ces démarches demandent beaucoup de temps et coûtent cher, il estime que l’effort en vaut la chandelle. « Différentes études montrent que ces deux maladies peuvent entraîner des pertes allant de 230 $ à 400 $ par truie. Et par rapport à l’Ontario et au Manitoba, le Québec s’en sort bien, avec relativement peu de cas depuis 2014 », souligne-t-il.
Actuellement, près de 70 % des truies de réforme du Québec transitent vers l’Ontario pour se faire abattre aux États-Unis, informe M. Pelletier, ce qui augmente les risques de contamination des sites par le transport. De même, Les Éleveurs de porcs du Québec doivent eux aussi détourner environ 2 à 3 % de la production vers d’autres abattoirs tant provinciaux qu’hors Québec. Olymel, de son côté, indique que « moins de 2 % des porcs abattus dans ses installations québécoises proviennent de l’Ontario », mais que l’entreprise s’assure en contrepartie de faire les tests nécessaires au quai de débarquement pour éviter toute propagation de DEP ou de DCVP.