Politique 13 février 2026

La vocation agricole des sept centres de recherche d’AAC incertaine après leur fermeture

Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), la vocation agricole des terres et des bâtiments des trois centres de recherche et des quatre fermes expérimentales qui mettront la clé sous la porte dans la prochaine année ne sera pas assurée après leur fermeture. 

Lors d’une réunion du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, le 10 février, les hauts dirigeants d’AAC ont été invités à témoigner au sujet des coupes annoncées en janvier. 

Rappelons qu’Ottawa a donné le mot d’ordre à ses ministères de réduire les dépenses de fonctionnement de l’État de 60 G$ d’ici cinq ans. AAC effectuera des économies de 154,7 M$ jusqu’en 2028-2029. Cela se traduira par le licenciement de 665 employés, dont 27 chercheurs à travers le pays, la réaffectation de personnel et le réacheminement de certains projets de recherche vers d’autres centres d’AAC.

Le sous-ministre, Lawrence Hanson, a toutefois indiqué qu’il n’y avait pas de garantie que les terres et les bâtiments qui seront cédés après la fermeture des sept centres et fermes de recherche puissent conserver leur vocation agricole. 

« Ça peut servir à d’autres utilisations. Nous ne pouvons pas prévoir l’utilisation future », a -t-il mentionné.

En effet, la cession des biens immobiliers est encadrée par un processus établi par le Conseil du Trésor, a expliqué le sous-ministre adjoint à la gestion intégrée d’AAC, Alain Lagacé. « Concrètement, nous allons faire l’inventaire des terres et des biens et évaluer leur état, en faisant des levés topographiques et des études environnementales [notamment]. Puis, nous les offrirons tout d’abord aux autres ministères fédéraux, et ensuite aux gouvernements provinciaux et territoriaux. Si cela ne donne pas de résultats, nous nous tournerons vers les municipalités et les revendications territoriales », a-t-il mentionné en précisant que le processus prendra plusieurs années.  

Variation de sol

Les députés du Parti conservateur et du Bloc québécois n’ont pas manqué de dénoncer les fermetures, notamment en raison des variations dans les conditions du sol entre les divers sites. « Nous sommes conscients qu’il existe certaines variations dans le sol d’un endroit à l’autre, a répondu le sous-­ministre Hanson, mais nous sommes convaincus que nous pouvons maintenir notre capacité scientifique, même en cas de légères variations des conditions du sol. Je tiens également à souligner que nous finançons des recherches scientifiques menées par d’autres qui peuvent continuer à se concentrer sur des domaines spécifiques. » 

Le député bloquiste d’Abitibi-Témiscamingue, Sébastien Lemire, a rappelé que la ferme de recherche de Kapuskasing – située dans le nord de l’Ontario, mais dont les conditions de sol ressemblent à celles du Témiscamingue –, a été fermée en 2012 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper. À l’époque, un dirigeant d’AAC avait dit que les entreprises de la région allaient prendre le flambeau. « Qu’en est-il presque 15 ans plus tard? » a demandé M. Lemire aux fonctionnaires fédéraux. « Je ne peux pas me prononcer sur des projets spécifiques qui ont été réalisés [en recherche agricole] au Témiscamingue depuis 2012. Je sais que nous continuons de discuter avec les chercheurs de l’Université afin de trouver de bons moyens de travailler en partenariat », a répondu le sous-ministre, M. Hanson.  

Le laboratoire de l’ACIA à Longueuil fermera ses portes

Dans la foulée des récentes compressions budgétaires à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), le laboratoire de Longueuil fermera ses portes. Au moins 10 employés, occupant des postes de techniciens, ont été licenciés.

Ce laboratoire spécialisé en salubrité des aliments est le centre national de référence et de recherche sur les allergènes alimentaires. Il est également le seul laboratoire de l’ACIA à avoir une expertise en analyse nutritionnelle, qui permet de vérifier la conformité de la teneur en éléments nutritifs des aliments avec les règlements canadiens sur l’étiquetage nutritionnel.

Au moment d’écrire ces lignes, une rencontre entre l’employeur et les syndicats de travailleurs devait avoir lieu le 13 février.

Depuis l’annonce de compressions budgétaires à l’ACIA et à Agriculture et Agroalimentaire Canada, plus de 80 membres du Syndicat de l’Agriculture ont reçu des lettres de licenciement ou des offres de réaffectation au Québec, selon le premier vice-président national du Syndicat, Patrick St-Georges.