Grains 11 février 2026

Marché du soya – Incertitude palpable et concurrence « féroce »

Le marché mondial du soya n’est pas épargné par les tensions géopolitiques actuelles. L’incertitude est palpable, affirme le directeur général (DG) de Soy Canada, Brian Innes. Mais les producteurs québécois et canadiens peuvent compter sur la « bonne réputation et la qualité » de leur soya pour tirer leur épingle du jeu, est-il convaincu.  

« Même si la concurrence est féroce, nos exportateurs savent très bien comment valoriser les produits et créer des occasions », a-t-il affirmé dans le cadre d’une entrevue réalisée à la mi-janvier alors qu’il se trouvait en Asie avec des producteurs et exportateurs canadiens pour promouvoir le soya d’ici.

Le directeur général de Soy Canada, Brian Innes, a participé, en janvier, à un séminaire lors d’une tournée de promotion du soya canadien en Asie. Photos : Gracieuseté de Soy Canada

Outre le Japon, la délégation canadienne s’est également rendue à Taïwan, ainsi qu’en Chine, « un marché énorme », selon M. Innes. La Chine est le plus important importateur mondial de soya. 

Selon le DG de Soy Canada, les tensions politiques entre la Chine et les États-Unis ont par ailleurs contribué à augmenter la demande pour le soya canadien en 2025, même si la qualité du soya québécois n’était pas optimale en raison des pluies printanières abondantes. 

« La saison d’exportation a été très forte pour l’est et l’ouest du Canada pour le soya de triturage », dit le spécialiste.

Les exportateurs canadiens et québécois sont allés à la rencontre de clients taïwanais.

Concurrence

Mais tout n’est pas gagné, car Brian Innes relève que le soya américain est très présent – et concurrentiel –, principalement sur les marchés où le Canada exporte en conteneurs, comme à Taïwan, au Japon, au Vietnam et en Indonésie.  

« On a de la pression de ce côté, dit le directeur général de Soy Canada. C’est, en fait, une histoire à deux côtés. D’une part, les exportations en vrac de soya génétiquement modifié ont connu une bonne saison. » 

« Mais de l’autre côté, ajoute-t-il, les exportations en conteneurs (de soya génétiquement modifié ou non) sont très concurrentielles. La compétition est féroce avec les États-Unis pour le soya qui n’est pas encore vendu. »  

Des pays se font d’ailleurs mettre de la pression pour délaisser le soya canadien au profit du soya américain, a dénoncé M. Innes au début du mois de janvier.   

D’où l’importance pour les producteurs et les exportateurs canadiens d’aller à la rencontre de leurs clients asiatiques actuels ou potentiels, réitère le dirigeant de Soy Canada. « Dans cette partie du monde, c’est très important de rencontrer les gens en personne, dit-il. Il y a des limites à faire les choses par courriel. »

L’effet Brésil

Le directeur principal de la stratégie agriculture à la Banque Nationale, Vincent Cloutier, souligne pour sa part que la production de soya au Brésil est à surveiller, car une forte tendance à la hausse y est observée depuis plusieurs années. 

« C’est une tendance qui est appelée à se poursuivre parce qu’une grande partie de pâturages bovins est transformée en terres propices à la culture de soya, note-t-il. Ça aussi, c’est de nature à améliorer l’offre de grains. À demande égale, ça exerce une pression à la baisse sur les prix. »