Au Canada, le lait à haute teneur protéinique ou sans lactose, commercialisé sous la marque Natrel, avait déjà la cote en 2024, et la tendance s’est poursuivie en 2025. Photo : Caroline Morneau/Archives/TCN
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S'abonner maintenantS’estimant en bonne posture financière pour investir, la coopérative laitière Agropur croit que le moment est bien choisi pour tirer parti de la popularité des produits protéinés, en augmentant la capacité de ses usines à en fabriquer aux États-Unis et au Canada.
« C’est une année sous le signe de la croissance en termes de produits à valeur ajoutée. La tendance est aux protéines », constate le vice-président principal et chef de la direction financière d’Agropur, Stéphane Tremblay, dans une entrevue accordée en marge de l’assemblée générale annuelle de son organisation, le 11 février.
Il précise qu’Agropur a investi 240 M$, au total, dans ses 29 usines en 2025, dont 64 % au Canada et 36 % aux États-Unis. Les capacités fromagères ont notamment été augmentées, mais le « gros driver de la croissance » a été la protéine, parce qu’elle est très recherchée par les consommateurs actuellement, des deux côtés de la frontière.
Au Canada, le lait à haute teneur protéinique ou sans lactose, commercialisé sous la marque Natrel, avait déjà la cote en 2024, et la tendance s’est poursuivie en 2025. Le fromage cottage est aussi très populaire. Ce sont des exemples de produits « en grosse demande » au pays, qui ont fait « croître la rentabilité » de la coopérative, dans la dernière année, fait valoir M. Tremblay.
Dans ce contexte, un projet de plusieurs millions de dollars est lancé à l’usine d’Amqui, dans le Bas-Saint-Laurent, notamment pour augmenter la capacité à produire du fromage cottage. À l’usine de Don Mills, en Ontario, 33 M$ ont été investis pour y confectionner plus de produits sans lactose. Il est aussi prévu d’augmenter la cadence de fabrication de produits Natrel à valeur ajoutée dans les usines de l’arrondissement Saint-Laurent, à Montréal, et de Québec.
Aux États-Unis, les ventes d’ingrédients protéinés ont généré beaucoup de revenus, ce qui a incité Agropur à investir 130 M$ US pour en produire davantage là-bas.
Les solides non gras en 2026
Des investissements majeurs et attendus depuis quelques années pour la valorisation de solides non gras – notamment la protéine – au Québec et dans les Maritimes devraient également être annoncés plus tard en 2026. Comme il reste encore « des éléments à attacher », M. Tremblay a préféré s’abstenir de fournir plus de détails pour l’instant.
Rentabilité améliorée
Agropur a encore amélioré son bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) en 2025, par rapport à l’exercice précédent. Ce dernier a atteint 686,4 M$, soit une augmentation de 12,6 % sur un an. La coopérative a aussi continué de réduire sa dette, laquelle vaut désormais 1,4 fois son BAIIA. Stéphane Tremblay considère que ce « bilan solide » lui donne la capacité d’investir. D’ailleurs, 70 M$ ont été distribués aux membres producteurs laitiers sous forme de ristournes.