Photo : Martin Ménard / Archives TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantL’abondance des récoltes de céréales à l’échelle mondiale continuera à exercer une pression sur le prix des grains en 2026. Résultat : « l’année s’annonce plutôt serrée pour les producteurs en matière de marges », estime le directeur principal de la stratégie agriculture à la Banque Nationale, Vincent Cloutier.
« Du grain, il y en a. Et ça se voit sur le marché, fait-il valoir. Les attentes reflétées par les marchés boursiers, en termes de prix, sont donc relativement modestes. »

L’analyste principal des marchés aux Producteurs de grains du Québec (PGQ), Ramzy Yelda, confirme cette abondance mondiale, notamment pour le blé. Il qualifie de « très bonnes » ou de « record » les récoltes des principaux pays exportateurs. C’est notamment le cas du Canada avec 40 millions de tonnes, souligne-t-il.
« La tendance baissière des prix du blé, due à l’abondance de l’offre mondiale, s’est stabilisée au cours des derniers mois, reprend-il. Mais un redressement des prix est peu probable à ce stade-ci pour 2026. »
La problématique du maïs
La « vraie problématique pour le Québec en 2025-2026 est la situation déficitaire du maïs », renchérit en outre M. Yelda. Des importations ont d’ailleurs été réalisées en Ontario et aux États-Unis, à l’automne 2025.
« La réalité est que le Québec exportera moins, importera plus et réduira ses inventaires de maïs », calcule-t-il.
« En raison d’une très mauvaise production locale, les bases et les prix du maïs demeurent très fermes au Québec, et ce, en dépit de la baisse de la Bourse de Chicago, relève en outre l’analyste principal des marchés aux PGQ. Mais la remontée des prix locaux a frappé un plafond avec les importations de maïs de l’Ontario et des États-Unis. On peut s’attendre à un scénario similaire au cours des prochains mois. »
Cela s’inscrit par ailleurs dans un contexte de surabondance de maïs au sud de la frontière. Non seulement la superficie ensemencée a été revue à la hausse, mais les rendements ont bondi aux États-Unis.
« L’estimation finale de la récolte a encore augmenté dans le rapport de l’USDA (département de l’Agriculture des États-Unis) du 12 janvier, rapporte Ramzy Yelda. On parle d’une récolte dépassant les 17 milliards de boisseaux. »
Gérer les risques
Vincent Cloutier, de la Banque Nationale, souligne pour sa part que le prix des intrants n’a pas fléchi au cours des dernières années. Une tendance à la hausse est même de nouveau observée du côté des fertilisants. Bref, tout cela rappelle « l’importance de bien gérer les risques », fait valoir l’expert.
« Il faut utiliser les outils et les stratégies possibles pour minimiser les risques auxquels le marché nous expose, conseille-t-il. On n’est pas en 2022 et en 2023, qui ont été des années de rentabilité record. »
« Si l’on se base sur l’imprévisibilité de la géopolitique, aussi bien américaine que chinoise, l’incertitude va demeurer », renchérit Ramzy Yelda.
Ses conseils aux producteurs agricoles : suivre les marchés régulièrement, être à l’affût des nouveaux facteurs les affectant et être prêts à s’ajuster en conséquence.