Au Canada, les importations illégales de poulet à griller ont été estimées à 45 millions de kilogrammes en 2025. Photo : ACHPF/Shutterstock
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S'abonner maintenantDans un récent rapport, le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire recommande notamment au gouvernement la mise en place du test d’ADN pour détecter les importations illégales de poulet à griller.
Présenté à la Chambre des communes, le 28 janvier, ce rapport suggère que l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) mettent en place le test d’ADN financé et développé par l’Université Trent, en Ontario. Ce test permet de détecter si un produit avicole importé contient de la poule de réforme, du poulet à griller, ou les deux, et d’intercepter le poulet à griller étiqueté à tort comme de la volaille de réforme.
Selon le témoignage d’un expert ayant participé à la confection du test, il permettrait de rapporter 350 M$ en sanctions. Le directeur exécutif adjoint des Producteurs de poulet du Canada, Yves Ruel, a estimé les importations illégales de viande à 45 millions de kilogrammes en 2025.
Par ailleurs, pour mieux contrôler les importations frauduleuses de poulet à griller, le Comité recommande que le gouvernement renforce l’application de la loi à la frontière et attribue à l’ACIA et à l’ASFC davantage de ressources, telles que de nouvelles technologies et des méthodes de pointe en analyse de données. Le gouvernement devrait également communiquer aux parties concernées les montants perçus par l’Agence du revenu du Canada en lien avec ce dossier.
L’ACIA devrait faire sa part, juge le Comité
En octobre, la vice-présidente associée des politiques et programmes de l’ACIA, Diane Allan, a soutenu, devant les parlementaires, que ce problème de fraude ne concernait pas la salubrité alimentaire, mais la perception de droits de douane.
Deux mois plus tard, le député bloquiste Sébastien Lemire révélait au Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire qu’après une rencontre récente à l’Université Trent, le lien de confiance s’était « particulièrement effrité lorsque la vice-présidente de l’ACIA a laissé sous-entendre, assez clairement, qu’il n’y aurait pas de tests qui seraient faits, et qu’on laisserait l’importation de volaille frauduleuse prendre de la place sur les marchés sans vérifications ».
Bien que le rapport ne fasse pas mention de cet événement particulier, la toute première recommandation du Comité vise l’ACIA. Elle l’enjoint à travailler avec le gouvernement et l’industrie pour « cerner et utiliser des moyens plus efficaces de freiner les importations illégales et les fausses déclarations », afin de préserver l’intégrité du marché canadien de la volaille en maintenant « une application rigoureuse des règlements existants sur le commerce et l’inspection des aliments », lit-on dans le rapport.