Politique 30 janvier 2026

Une mesure fiscale pour les nouvelles serres

Parmi les mesures annoncées par Ottawa pour atténuer la pression sur les prix à l’épicerie, le 26 janvier, le premier ministre Mark Carney a instauré une mesure visant à réduire le revenu imposable des producteurs faisant l’acquisition de nouvelles serres. 

Le gouvernement a instauré, rétroactivement au 4 novembre 2025, la passation en charges immédiate pour les producteurs en serres. Concrètement, le coût des serres et des équipements sera déductible d’impôt dès l’année de l’acquisition au lieu de s’échelonner sur plusieurs années. 

« Les producteurs peuvent donc déduire le coût total de leurs nouvelles serres sans tarder, ce qui leur permet de disposer de capitaux pour acquérir de l’équipement moderne et ainsi accroître la production nationale d’aliments et cultiver davantage d’aliments ici, au pays, toute l’année. Les agriculteurs peuvent produire plus d’aliments à coûts moindres, ce qui fait augmenter l’offre d’aliments canadiens et atténue la pression sur les prix à l’épicerie », a déclaré le premier ministre Carney. La mesure sera en vigueur jusqu’en 2030. 

La secrétaire parlementaire du ministre de l’Agriculture, la députée Sophie Chatel, a indiqué à La Terre que la mesure pouvait s’apparenter à un congé fiscal dans certains cas. « Si on est une ferme en démarrage avec peu de revenus, on ne payera pas d’impôts tant que l’entièreté des coûts de la ferme a été absorbée. Tandis que pour d’autres plus grandes fermes, qui sont déjà profitables, c’est une réduction significative de leurs impôts », dit celle qui était avocate-fiscaliste avant de devenir la députée de Pontiac-Kitigan Zibi.  

Elle précise toutefois qu’il sera tout de même possible d’échelonner la déduction.

Si jamais tu n’as pas pu absorber tout le coût parce que tu n’avais pas les profits suffisants pour l’absorber, tu le reportes à l’année suivante. Puis l’année suivante, t’as toujours pas d’impôt à payer. Jusqu’à ce que le coût de ta serre soit entièrement déduit.

Sophie Chatel

670 M$ et une stratégie 

Ottawa a également annoncé, le 26 janvier, un montant de 670 M$ afin de lutter contre l’insécurité alimentaire, de soutenir les producteurs et de renforcer les chaînes d’approvisionnement.

D’une part, le Fonds de réponse stratégique, qui aide les entreprises à absorber la hausse de coûts attribuables aux perturbations commerciales, a été bonifié de 500 M$ afin d’intégrer les entreprises agricoles et agroalimentaires indirectement touchées dans la chaîne d’approvisionnement. D’autre part, le gouvernement créera un fonds de 150 M$ pour la sécurité alimentaire dans le cadre de l’Initiative régionale de réponse tarifaire. 

Les producteurs et les petits abattoirs régionaux, par exemple, pourront être admissibles à ces fonds, mentionne Mme Chatel. « Les petits abattoirs ont beaucoup de difficultés en ce moment, et ne reçoivent pas nécessairement de l’aide parce qu’ils ne sont pas impactés directement par les tarifs, mais le coût de la viande est perturbé par la guerre commerciale avec les États-Unis », mentionne-t-elle en précisant que le gouvernement fera preuve de flexibilité envers les projets déposés. Les détails seront toutefois divulgués ultérieurement. 

Ottawa octroiera également 20 M$ dans le fonds destiné à aider les banques et organisme d’aide alimentaire.  

Le gouvernement élaborera aussi une Stratégie nationale de sécurité alimentaire pour s’attaquer à l’inflation alimentaire. Le code de conduite des épiceries, entrée en vigueur en janvier, est bienvenue, explique Mme Chatel, mais ce n’est pas suffisant. « Un des enjeux du Canada et du prix des aliments, c’est aussi la consolidation qui s’est faite au cours des années chez les grands épiciers. Et il faut s’assurer qu’il y ait une bonne concurrence à l’intérieur du marché ».