Anthony Masson et Rémi Faucher, respectivement directeur général et vice-président de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles du Kamouraska, et Mylène Bourque, présidente du Syndicat de l’UPA de Kamouraska. Photo : Maurice Gagnon
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S'abonner maintenantLe Kamouraska est en voie de devenir la première MRC du Bas-Saint-Laurent à implanter un service structuré de collecte à la ferme des plastiques d’enrubannage blancs, une solution attendue de longue date par le milieu agricole.
« Les producteurs nous le demandaient depuis longtemps. Il fallait maintenant vérifier si c’était faisable concrètement », explique la présidente du syndicat de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Kamouraska, Mylène Bourque.
Le printemps dernier, un projet pilote coordonné par la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, a permis de tester deux modes de collecte à la ferme auprès de 14 entreprises agricoles de la MRC du Kamouraska et de Rivière-du-Loup.

La première méthode reposait sur une collecte manuelle de sacs de pellicules à l’aide d’un camion cube. Testée dans six fermes du Kamouraska, elle s’est révélée efficace, bien que plus exigeante physiquement. La seconde méthode misait sur une collecte mécanisée par camion frontal, avec des plastiques déposés en vrac dans des conteneurs. Cette option a toutefois soulevé plusieurs contraintes liées à la manutention, aux plastiques collés aux parois et aux risques de contamination.
« Les deux systèmes fonctionnent, mais pas tels quels », résume Rémi Faucher, vice-président de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles du Kamouraska, responsable d’implanter la collecte dans la MRC.
La meilleure option, c’est une formule hybride. Une collecte mécanisée, mais avec des plastiques ensachés dans un conteneur. Ça facilite la manutention et assure une meilleure qualité de la matière.
Le projet misait aussi sur les ressources locales, notamment les flottes de camions existantes et le pressage des plastiques à la Société VIA, située à Rivière-du-Loup, afin de réduire les coûts et les transports hors région.
Un enjeu bien réel
Chaque année, le Bas-Saint-Laurent génère près de 1 000 tonnes de pellicules d’enrubannage, dont 195 tonnes au Kamouraska. Depuis 2023, leur récupération se fait selon le modèle d’AgriRÉCUP, soit à des points de dépôt, obligeant les producteurs à y transporter eux-mêmes ces plastiques volumineux.
Trois rencontres d’information ont été tenues au Kamouraska afin de présenter le projet et de permettre aux producteurs d’y adhérer sur une base volontaire. Les points de dépôt demeureront accessibles. La mise en œuvre de la collecte à la ferme dépendra du taux de participation.
Sur 214 producteurs identifiés comme utilisateurs potentiels, l’objectif est d’en rallier environ 75 %, soit 162 entreprises. « S’en approcher serait suffisant pour lancer le projet », indique Rémi Faucher. Le coût annuel est fixé à 600 $ pour 12 collectes, un montant qui pourrait diminuer si le taux de participation dépassait les prévisions.
« Les producteurs ont jusqu’au 21 janvier pour s’inscrire. Le projet pourrait démarrer au début mars, avec des collectes prévues les vendredis », ajoute Mylène Bourque. La distribution des bacs et du matériel pourrait se faire rapidement.
Pour l’instant, seul le plastique blanc est accepté. La Société VIA ne dispose pas encore des capacités nécessaires pour trier d’autres types de plastiques agricoles. « C’est un premier pas, mais il ouvre la porte à une évolution du système », conclut Rémi Faucher.