Le copropriétaire de Fraisière Faucher, Israël Faucher, a fait l’acquisition d’une spacieuse résidence pour personnes âgées d’une quarantaine de chambres, en 2022, qui a été adaptée en prenant en considération un resserrement potentiel des normes. Photo : Gracieuseté de Fraisière Faucher
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S'abonner maintenantD’importants investissements réalisés, ces dernières années, par des fermes prévoyantes et soucieuses de donner de l’espace à leurs travailleurs étrangers temporaires (TET) seront insuffisants ou inadéquats pour répondre à de nouvelles règles d’hébergement proposées par Québec.
« On avait essayé de se conformer le plus possible aux échos qu’on avait entendus, mais il y a des normes qui n’étaient pas prévues, comme le maximum de deux occupants par chambre. Nous, ce qu’on avait compris, c’est qu’il y aurait plutôt des distances minimales à respecter entre les lits. Donc, on a de très grandes chambres où il y a parfois trois lits et où il faudra diminuer à deux », témoigne Sindy Garcia, directrice de la logistique et du suivi des travailleurs étrangers à la ferme Fraisière Faucher.
L’entreprise de Pont-Rouge, dans Portneuf, qui héberge environ 150 TET, a rénové ses maisons et fait l’acquisition d’une spacieuse résidence pour personnes âgées d’une quarantaine de chambres, en 2022, qu’elle a adaptée en prenant en considération un resserrement potentiel des normes. Sauf que certains aspects du projet de règlement, qui a finalement été déposé par Québec, le 14 janvier, ne correspondent pas tout à fait aux rumeurs d’exigences qui circulaient depuis 2020. Si le cadre réglementaire est adopté tel quel, la ferme devra donc réinvestir plusieurs centaines de milliers de dollars pour ajouter de l’espace et relocaliser des travailleurs.
« Pour les salles de bains, ce qu’on avait entendu, c’était que ce serait un ratio d’une pour six personnes, mais finalement, ce serait une pour cinq. Dans la résidence de personnes âgées, on serait conforme, mais dans nos maisons, où il y a 12 travailleurs étrangers dans six chambres, on a deux salles de bain. Donc, techniquement, il faudrait que j’ajoute une salle de bain, ce qui n’est pas évident à faire », ajoute Mme Garcia, précisant que les lits superposés ont déjà été enlevés dans la plupart de ses logements.
Des investissements de 2 M$
Le propriétaire de la ferme Polyculture Plante, à l’île d’Orléans, Simon Plante, s’attend à devoir investir 2 M$ pour relocaliser la moitié de ses 175 travailleurs, malgré de nombreux efforts déployés en amont pour leur donner du confort et de l’espace.
« Nos travailleurs sont essentiels. C’est important pour nous qu’ils soient bien logés et heureux. On veut leur bien-être, mais les mesures annoncées sont vraiment sévères et disproportionnées », exprime l’agriculteur, précisant que ses TET sont parfois trop nombreux par chambre ou ne disposent pas de suffisamment de salles de bain.
Pourtant, on a fait des acquisitions de maison, ces dernières années, en pensant avoir été prévoyants, mais ça ne répond pas. Aucun de mes logements n’est conforme à ce qui est proposé.
L’interdiction des lits superposés et les ratios de deux occupants par chambre et d’une salle de bain pour cinq personnes ne sont que quelques exemples de toutes les mesures listées dans le projet de règlement de Québec encadrant l’hébergement des travailleurs. Une période de consultation de 45 jours (à compter du 14 janvier) est en cours.