Pour une première fois, l’ensemble des acteurs de l’érable se sont réunis pour s’entendre et mettre en place la Planification stratégique de la filière acéricole 2025-2029. Photo : Gracieuseté du créneau d’excellence Acéricole
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S'abonner maintenantPour une première fois, les manufacturiers d’équipements acéricoles, les transformateurs, les chercheurs et, évidemment, les producteurs de sirop d’érable se sont tous assis à la même table pour élaborer la Planification stratégique de la filière acéricole 2025-2029, qui vise à faire évoluer l’acériculture ainsi qu’à augmenter sa production et ses ventes. D’ailleurs, l’un des objectifs de cette planification stratégique consiste à vendre 220 millions de livres de sirop en 2030.
« On est très enthousiastes! C’est une première pour la filière acéricole, de se doter d’un plan pour mieux se coordonner, pour avoir des projets en commun qui nous donnent accès à différentes enveloppes [de subventions]. On travaille ensemble au lieu d’être chacun de notre côté avec, parfois, des objectifs qui concordent, parfois non », affirme Joël Vaudeville, directeur des communications pour les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ).
Les priorités d’intervention de la filière acéricole du Québec s’articulent autour de quatre thèmes stratégiques. Le premier est associé à l’identité et à la reconnaissance de la qualité des produits d’érable. Par exemple, les intervenants indiquent qu’il n’y a pas de méthodologie reconnue pour contrôler l’adultération du sirop, pouvant conduire à un bris de réputation des produits d’érable par la vente de produits de qualité non conforme, adultérés ou frauduleux par des concurrents. Ils désirent mettre en place une méthodologie reconnue internationalement de contrôle de l’adultération du sirop.
220 millions de livres
Le deuxième thème concerne le développement de la production et des marchés. La filière veut accroître son efficacité et sa compétitivité, notamment avec des objectifs de réduction de coûts et d’optimisation de la chaîne logistique du transport du sirop. Elle vise la mise en œuvre d’outils de promotion coordonnés, pour accroître la consommation, au Canada et à l’international, en plus de maximiser la création d’occasions de ventes.
La filière s’est entendue sur un accroissement annuel projeté de 5 % de la mise en marché du sirop d’érable, tout comme pour la production, et ce, au cours des cinq prochaines années. La cible est la vente de 220 millions de livres de sirop en 2030, alors que celles-ci s’établissaient à 172 millions de livres en 2024.
« Dans notre planification stratégique, au Conseil de l’industrie de l’érable, nous nous étions fixé, dans le précédent exercice, un objectif de croissance de 5 %, et nous avons reconduit un objectif similaire de 5 % dans la nouvelle planification », affirme Guy Voyer, directeur général du Conseil de l’industrie de l’érable, un organisme qui regroupe les acheteurs et transformateurs de sirop d’érable. Il précise que la cible de 5 % oriente toute la filière sur une croissance continue, mais demeure réaliste, c’est-à-dire qu’une année pourrait se terminer avec plus ou moins de 5 %. « Le 5 % par année, c’est aussi pour que le nombre d’entailles suive », souligne-t-il.
La directrice générale du Créneau d’excellence acéricole, Marie-Myriam Dumais Synnott, explique que le troisième thème est « une grosse priorité où tout le monde était unanime : améliorer les connaissances, l’expertise et l’innovation ». « Il faut qu’on travaille plus là-dessus, qu’on le fasse en collaboration et qu’on arrête de travailler en silos », ajoute Mme Dumais Synott, dont l’organisme avait le mandat de coordonner le dépôt, en novembre dernier, de cette planification stratégique 2025-2029 de la filière acéricole.
Le dernier thème fait état de cohésion et de collaboration, en formant un comité de gouvernance décisionnel qui veillera à mettre en œuvre le plan stratégique et ses indicateurs de réussite. « La prochaine étape appartient au comité de gouvernance qui devra se pencher sur la coordination de la planification stratégique et le déploiement des autres projets », explique-t-elle.