À la Ferme Dalmarke, tous les animaux sont logés dans le même bâtiment à aire ouverte, qui a subi bien peu de changements depuis l’époque où le grand-père de Joël Dalpé l’exploitait. Photos : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantSAINTE-MARIE-SALOMÉE – Avec seulement 31 vaches en lactation et 41 kilos de quota, Joël Dalpé sait qu’il n’aura pas les moyens de se faire construire une étable moderne de sitôt, mais il parvient à rentabiliser les activités de la ferme familiale dont il prend la relève. Cela fait plus d’une décennie qu’il travaille à améliorer la productivité de son petit troupeau, pour en tirer le maximum de revenus, à même la bâtisse centenaire laissée par les générations précédentes.
« Ç’a quand même marché, parce que quand je suis arrivé, on tirait 27 kilos avec le même nombre de vaches. Et là, sans avoir ajouté une seule place à vache dans l’étable, je suis capable de faire au-dessus de 41 kilos », affirme le coactionnaire, avec ses parents, de la Ferme Dalmarke.
Son père l’aide encore au quotidien, mais c’est lui qui s’occupe de la traite et qui prend les décisions à la ferme de Sainte-Marie-Salomée, dans Lanaudière, dont il sera éventuellement l’unique propriétaire.
Si l’industrie appréhende la disparition de ce genre de petite ferme familiale, dont les installations modestes ont subi peu de rénovations, au fil du temps, il existe encore de la relève prête à faire ce qu’il faut pour leur donner un second souffle. Joël Dalpé en fait partie.

« J’aime ça, être dans une vieille étable », affirme-t-il, en accueillant La Terre à sa ferme, où tous les animaux entrent dans un petit bâtiment à aire ouverte, aux allures de grange. Outre un réaménagement des lieux, notamment avec l’ajout de stalles pour les vaches et de parcs pour les veaux, la bâtisse a bien peu changé, depuis l’époque où son grand-père l’exploitait. Ses parents ont peu investi – pensant qu’ils n’auraient pas de relève – jusqu’à ce que leur fils manifeste son intérêt, il y a 14 ans, et commence à s’impliquer dans l’entreprise à temps plein.
« Quand j’ai appris, il n’y a pas si longtemps, que le plafond n’avait pas été changé depuis 110 ans, je te dirais que ç’a été une surprise », lance l’agriculteur, en riant.
Mais ça ne le décourage pas, au contraire. Fier de l’héritage familial, il prend plaisir à travailler dans cette étable remplie de souvenirs et d’histoires, construite par son arrière-grand-père au début des années 1910.
Le maximum avec ce qu’il a déjà
Depuis qu’il s’implique à la ferme, Joël Dalpé a toujours eu pour stratégie de faire le maximum avec l’espace dont il dispose. Car il estime que la meilleure façon de rentabiliser sa ferme, avec les 31 vaches en lactation qu’elle peut héberger, est de rendre le troupeau le plus productif possible, en modifiant la régie et en n’investissant que sur le nécessaire.
Pour améliorer l’alimentation des animaux, il a ajouté un nouveau silo d’ensilage de maïs et a recommencé à en intégrer à la ration, comme le faisaient ses prédécesseurs, il y a très longtemps, avant de mettre la pratique de côté. Pour le confort et la propreté, il mélange dorénavant de la ripe de bois aux généreuses quantités de paille servant de litière aux animaux. L’agriculteur fait aussi de l’insémination et préconise, dans sa sélection génétique, des vaches de petite taille, productives et bien balancées. Ces quelques exemples de changements peuvent sembler banals, mais ont permis d’augmenter considérablement la production laitière depuis 14 ans, assure-t-il.
Je suis assez content, parce que j’ai une bonne base. J’ai une étable pas trop dans le trouble, sur laquelle je peux bâtir, et avec laquelle je suis capable d’être efficace.
Croissance progressive et réaliste
Comme il a atteint la limite de productivité qu’il pouvait aller chercher avec son troupeau, Joël Dalpé estime qu’il peut maintenant regarder vers le futur et envisager une croissance progressive. À court terme, il construira une étable froide, où seront logées ses vaches taries et ses taures, pour se conformer aux nouvelles normes de bien-être animal, qui entreront en vigueur en 2027. Cela libérera de l’espace dans son étable principale pour l’ajout d’une douzaine de vaches. Avec celles-ci, il entend monter la production à 50 kg de matière grasse (MG) par jour, notamment en allant chercher le quota de la relève qu’il n’a pas encore réclamé.
Et à plus long terme? La construction d’une nouvelle étable en stabulation libre n’est pas écartée, car bien qu’économe, l’agriculteur est conscient que « c’est là que le monde s’en va ».
« Je sais que mon but, ce n’est pas de rester en stabulation entravée, mais je n’ai pas d’idée de grandeur folle, non plus. Moi, je veux juste être réaliste, agrandir tranquillement et regarder ce qui est rentable. »
Peu importe le type de projet qu’il choisira, une chose est sûre, c’est que l’étable familiale sera toujours dans le décor.
« Ne serait-ce que pour mettre des taures, je sais que l’étable va continuer de servir, même si ce n’est plus l’étable principale pour loger les vaches. »