Technologie 12 janvier 2026

Des chercheurs étudient l’utilisation de drones pour la pulvérisation de pesticides

Des chercheurs de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, étudient l’utilisation de drones pour la pulvérisation de pesticides, même si le gouvernement fédéral demeure strict dans la réglementation.

L’équipe de recherche examine comment les plantes absorbent les liquides pulvérisés par un drone. Les résultats préliminaires suggèrent que les drones peuvent être aussi efficaces que les équipements traditionnels pour épandre des produits chimiques dans les champs agricoles.

Chloe Toombs, une étudiante en maîtrise qui fait partie de l’équipe de recherche, affirme que cette recherche pourrait être une bonne nouvelle pour les agriculteurs : les drones auraient un effet moins destructeur sur certaines plantes.

L’utilisation de ces engins volants pour pulvériser des engrais, ajoute-t-elle, pourrait également contribuer à réduire les coûts. La mauvaise nouvelle, cependant, est que l’utilisation de drones dans l’agriculture au Canada – en particulier pour la pulvérisation de pesticides – est strictement réglementée et soumise à des restrictions.

L’équipe de chercheurs porte son attention sur les bleuets sauvages, qui ont tendance à pousser dans les zones boisées ou les terres agricoles abandonnées, et qui sont très sensibles aux conditions du sol. Il est difficile d’utiliser un pulvérisateur traditionnel sur une culture de bleuets sauvages, explique Mme Toombs, car celui-ci roule à plusieurs reprises sur les traces laissées dans le sol, ce qui le comprime et nuit à la capacité de croissance des plantes.

« Dans un champ de bleuets, on roule sur les cultures. Et on le fait plusieurs fois par saison », explique-t-elle.

L’utilisation d’un drone pourrait aider.

D’après les résultats préliminaires d’une étude que je mène, on perd presque tout son rendement (sous les traces du pulvérisateur). Si l’on opte pour une application aérienne, on conserve ce rendement.

Chloe Toombs

Une question d’étiquetage

Santé Canada stipule que tous les pesticides utilisés par les drones doivent être étiquetés pour les « systèmes d’aéronefs télépilotés ». De plus, la plupart des opérateurs de drones doivent être certifiés par Transports Canada et obtenir les certifications provinciales ou territoriales requises.

Dans un courriel, des responsables de Santé Canada ont déclaré que l’agence « exige des preuves scientifiques démontrant que la pulvérisation de pesticides par des drones ne présente pas de risques inacceptables pour les personnes et l’environnement ». 

C’est en partie pour cette raison que Mme Toombs recueille autant de données. Elle étudie si les liquides pulvérisés à partir d’un drone se propagent au-delà du champ, plus loin que lorsqu’ils sont pulvérisés à partir d’une machine terrestre traditionnelle, ou s’ils ont d’autres effets néfastes.

Selon les chercheurs de Dalhousie, le problème est que la grande majorité des pesticides ne mentionnent pas explicitement « aéronef télépiloté » sur leur étiquette, mais indiquent seulement qu’ils peuvent être utilisés pour une application aérienne. 

D’autres pays ont des niveaux variables de législation sur les drones dans l’agriculture. Aux États-Unis, la réglementation est légèrement plus souple, explique Travis Esau, directeur de l’Atlantic Institute for Digital Agriculture à Dalhousie. « Dans la plupart des États, tant que l’étiquette du pesticide indique qu’il est approuvé pour une application aérienne, [ce pesticide] est autorisé pour une utilisation par drone. » 

M. Esau explique que, traditionnellement, l’application aérienne impliquait l’utilisation d’un hélicoptère ou d’un avion à voilure fixe pour la pulvérisation à l’ancienne. Au Canada, à moins que les fabricants de pesticides n’indiquent spécifiquement que le produit chimique peut être appliqué à l’aide d’un drone, cela n’est pas autorisé.

Selon Santé Canada, seuls sept produits commercialisés au Canada sont actuellement correctement étiquetés pour permettre une application par drone. Cependant, certains d’entre eux ne sont approuvés que pour un usage industriel, c’est-à-dire sur des zones sans cultures vivrières. Mais ils ne sont pas largement disponibles pour l’agriculture commerciale. 

Bien que Santé Canada ait déclaré dans un courriel que l’agence avait consulté ses homologues américains et australiens au sujet de la réglementation des drones, en fin de compte, « les décisions réglementaires au Canada sont prises de manière indépendante et dans le cadre législatif et réglementaire propre au Canada ».


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