Le ministre de l’Agriculture du Québec, Donald Martel, assure bien connaître la situation du lac Saint-Pierre, ayant visité des producteurs de ce secteur, en 2024 notamment, alors qu’il était député. Photo : Gracieuseté du MAPAQ
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S'abonner maintenantLe gouvernement québécois annonce, en ce 12 janvier, une enveloppe totale de 6 M$, dont 5,4 M$ provenant du Fonds bleu, pour soutenir 200 agriculteurs du littoral du lac Saint-Pierre dans l’adoption de pratiques durables visant à diminuer la pollution de ce plan d’eau situé entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières.
Il s’agit d’une première mesure faisant partie d’un ensemble de solutions à déployer pour la réhabilitation du lac Saint-Pierre, après la publication, en 2024, du rapport du Pôle d’expertise multidisciplinaire en gestion durable du littoral du lac Saint-Pierre. L’un des chercheurs, Stéphane Campeau, avait alors indiqué à La Terre que la principale cause de la faible reproduction des perchaudes et de grands brochets demeure la détérioration de leurs habitats en raison des pratiques agricoles.
En entrevue téléphonique, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, souligne que l’enveloppe de plus de 6 M$ pourra être entièrement octroyée cette année aux producteurs.
Les agriculteurs intéressés ont jusqu’au 9 février 2026 pour soumettre leur projet. Le soutien financier atteindra un maximum de 50 000 $ par entreprise. Après l’inscription de leur projet, les producteurs recevront 70 % des fonds, spécifie le ministre, qui souhaite une adoption rapide des pratiques durables par les producteurs.
Ces derniers seront encouragés à ne pas laisser de sol à nu grâce à l’utilisation de plantes de couverture. Ils seront invités à établir et maintenir plus d’une espèce de plantes herbacées sur une largeur d’au moins trois ou cinq mètres en bordure d’un fossé ou d’un cours d’eau où se trouve une parcelle cultivée de soya ou de maïs, par exemple, et ce, pour une période minimale de cinq ans.
Difficile de quantifier l’effet de ces mesures sur le nombre de perchaudes sauvées, indique le ministre, mais ces pratiques sont reconnues pour améliorer la qualité de l’eau et diminuer les particules en suspension, plaide-t-il.
Pas de chèque en blanc
L’argent versé aux producteurs pour améliorer leurs pratiques sera sujet à une vérification aléatoire. « On ne fait pas de chèque en blanc », dit le ministre, assurant toutefois qu’il ne s’agit pas d’une approche coercitive, mais d’une approche collaborative avec les producteurs.
Des experts recommandaient de cesser les activités agricoles sur certaines terres situées dans le littoral du lac Saint-Pierre, ce qui avait semé l’inquiétude de plusieurs agriculteurs. Le ministre n’opte pas pour cette solution, tenant à maintenir l’agriculture en zone littorale. Les pratiques durables seront adoptées de façon volontaire par les producteurs, ajoute le ministre, sans cacher par contre que d’autres étapes suivront.
Entretien des cours d’eau
Le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, est de connivence avec son confrère de l’Agriculture pour cette annonce, laquelle comprend une mesure associée à l’entretien des cours d’eau.
Des agriculteurs éprouvaient des problèmes associés à l’entretien de cours d’eau affluents du lac Saint-Pierre, car une réglementation les obligeait à transporter par camion la matière provenant du nettoyage. Dorénavant, la matière pourra simplement être épandue en bordure de champ où se trouve le cours d’eau, évitant aux producteurs de payer pour le transport des sédiments. Ces travaux nécessiteront cependant une déclaration de conformité de la part des producteurs.