Les ventes de produits à base de soya sont en hausse en Indonésie, un pays qui représente une importante occasion d’affaires pour les producteurs de soya canadiens. Photo : Gracieuseté de Brian Innes
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S'abonner maintenantSi la récente entente politique entre les États-Unis et la Chine incite les Chinois à acheter du soya américain, d’autres pays se font mettre de la pression pour délaisser le soya canadien au profit du soya américain, dénonce Brian Innes, directeur général de Soy Canada.
« Indonésie, Vietnam, Malaisie; les deals ne sont pas très clairs, mais les Américains ont des deals partout! Les acheteurs [de ces pays] ont la pression de leur gouvernement d’acheter du soya américain à la suite de pressions du gouvernement américain », assure celui qui s’est rendu en Indonésie l’été dernier, en compagnie du ministre canadien de l’Agriculture, Heath MacDonald, afin de rencontrer des acheteurs de soya.
Il explique que l’Indonésie et ses 285 millions d’habitants représentent l’un des secteurs les plus dynamiques de la planète quant à la consommation de produits agricoles canadiens, notamment le soya et le blé. Les Indonésiens achètent du soya non génétiquement modifié pour l’alimentation humaine et consomment ainsi trois fois plus de soya de grade alimentaire que le Japon, avec des ventes globales de produits à base de soya qui augmentent en moyenne de 6 % par année.
Brian Innes fait remarquer que les Indonésiens utilisent aussi beaucoup de soya transgénique, moins cher, pour produire du tofu et d’autres produits destinés à l’alimentation humaine. Ce marché est important et la pression des États-Unis oblige l’industrie canadienne à « ne pas rester assis sur le divan », dit-il. Il faut se déplacer pour promouvoir les forces du soya canadien, soit sa grande qualité, la fiabilité des approvisionnements et la teneur élevée en protéine de son soya à identité préservée, insiste M. Innes, qui s’envolera d’ailleurs vers la Chine à la mi-janvier pour tenter de contrebalancer la pression américaine sur les acheteurs de soya chinois. Le même exercice sera ensuite effectué à Taiwan et au Japon.
Le Brésil domine
Paradoxalement, le prix du soya québécois est basé en partie sur le prix du soya américain. Les données montrant que les Chinois ont recommencé à acheter du soya américain après la rencontre des présidents américains et chinois en octobre dernier s’avèrent un signal positif, estime Ramzy Yelda, analyste principal des marchés chez les Producteurs de grains du Québec. « Sans jamais l’avoir confirmé, les Chinois se seraient engagés à acheter 12 millions de tonnes des Américains jusqu’à la fin janvier. Ils en auraient acheté de 9 à 10 millions jusqu’à maintenant [en date du 8 janvier]. C’est un gros progrès, mais le rythme des exportations vers la Chine est encore en retard par rapport à la normale. Pour les prix, honnêtement, je les vois au neutre si les États-Unis continuent de vendre aux Chinois, car la récolte brésilienne sera quasiment assurée d’être record », dépeint l’analyste.
La météo a été favorable au Brésil et les moissons qui commencent se présentent très bien, ce qui aura une incidence majeure sur les prix, soutient M. Yelda.