Formation 12 décembre 2025

Un programme d’agriculture urbaine change d’enseigne à Montréal

À Montréal, le programme Gestion et technologies d’entreprise agricole (GTEA) en agriculture urbaine change de main. Alors que le cégep de Victoriaville a définitivement clos le profil offert dans la métropole ce printemps, le collège Ahuntsic recevra les premières inscriptions à sa formation en vue de la rentrée 2026, à partir du 13 janvier. 

Les cohortes ayant obtenu leur diplôme aux campus de Montréal et de Victoriaville, à l’hiver 2025, ont été les dernières du cégep de Victoriaville à recevoir un diplôme d’études collégiales spécialisé en agriculture urbaine. 

« La décision de mettre fin au profil en agriculture urbaine découle d’une tendance généralisée à la baisse des inscriptions dans l’ensemble des profils du programme Gestion et technologies d’entreprise agricole, incluant ceux en productions fruitière et légumière biologiques. Dans ce contexte, une réorganisation des activités pédagogiques s’est avérée nécessaire afin de mieux répondre aux besoins de la clientèle étudiante », a mentionné par courriel la porte-parole du cégep de Victoriaville, Marie Pier Genois-Gélinas. L’établissement a donc intégré des cours propres à l’agriculture urbaine, tels que la culture de champignons, l’apiculture ou l’agriculture en milieu contrôlé, dans les autres profils du programme GTEA, sous forme de cours au choix. « Cette approche permet aux personnes étudiantes qui souhaitent développer un projet d’établissement en agriculture urbaine de poursuivre cette orientation tout en bénéficiant d’une formation complète et actualisée », a indiqué la porte-parole.

Rappelons qu’à Montréal, le programme de GTEA en agriculture urbaine était offert dans les locaux de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie depuis 2021, afin de contribuer au rehaussement des revenus du campus montréalais. La direction du cégep a toutefois annoncé, il y a bientôt deux ans, que les nombreuses mesures instaurées n’avaient pas donné les résultats escomptés. Le campus montréalais du cégep de Victoriaville devrait donc fermer ses portes en 2027. 

40 élèves à Ahuntsic en 2026

Entre-temps, le ministère de l’Enseignement supérieur a octroyé une autorisation au collège Ahuntsic pour offrir le programme de GTEA en agriculture urbaine « en raison des besoins de main-d’œuvre estimés à Montréal », a précisé le ministère par courriel. 

Marie-Anne Viau
Marie-Anne Viau

L’établissement devrait accueillir une première cohorte d’une quarantaine d’élèves à la rentrée 2026. La coordonnatrice du département d’agriculture urbaine, Marie-Anne Viau, estime qu’une formation basée sur la production, la gestion – incluant la comptabilité et les ressources humaines – et le génie technique outillera adéquatement les étudiants pour répondre au marché du travail, notamment dans la métropole. « Il y a des compétences qui sont carrément de réaliser un plan de développement, qui peut être un plan d’affaires pour élaborer sa propre entreprise en agriculture urbaine, dit-elle. [Le programme donnera des bases en] gestion de projet pour ceux qui veulent prendre la relève ou devenir chargés de projet pour une ferme existante. À Montréal aussi, il y a beaucoup d’organismes en sécurité alimentaire qui ont maintenant un gros volet agriculture urbaine, alors notre but, c’est autant d’aller vers les entreprises plus style inc. que les coopératives qui sont aussi en grand déploiement. »

Durant la première année, la serre située sur le toit du collège servira à enseigner les fondements de la production sur table, mais il est prévu qu’en deuxième année, les étudiants mettront en pratique les techniques de production hydroponiques et au sol dans un complexe de serre qui sera prochainement construit dans un parc situé à proximité du collège. « [En première année] on commence les mains dans la terre. Maraîchage sur petite surface, foresterie urbaine, apiculture urbaine. Par la suite, on augmente en technologie au fur et à mesure. Donc deuxième année, abri, serres, on prolonge la saison. Et on apprend aussi la base de comment cultiver en milieu stérile, en laboratoire. Donc culture in vitro, spores de champignons, pour être capable, par la suite, de produire à l’intérieur en troisième année, donc vraiment dans un environnement contrôlé. Là, le génie technique embarque aussi parce qu’on est en hydroponie, aéroponie, champignons dans des chambres de culture, où là, il faut contrôler l’humidité, l’environnement climatique. Donc il y a des cours là-dessus avec la discipline mécanique du bâtiment et la base de l’automatisation avec la technique en génie électrique », énumère la coordonnatrice. Un cours en génie industriel visant l’organisation de la production, l’efficacité et l’ergonomie de la ferme aidera à la gestion d’une éventuelle croissance d’entreprise sur le marché du travail. Deux stages seront obligatoires pendant le parcours scolaire, mais la formation culminera, en dernière année, par une simulation de démarrage de ferme urbaine, où les étudiants seront appelés à développer le plan d’affaire d’une entreprise réelle ou fictive. 

Marie-Anne Viau ne s’arrête pas là. Elle commencera prochainement à négocier des ententes avec des centres de formation professionnelle et des universités afin de développer des passerelles qui permettront aux étudiants de poursuivre leur formation au cycle supérieur de façon accélérée (passerelles DEP-DEC et DEC-BAC).