Les porcs de la Ferme Villoise ont accès à un enclos extérieur, comme l’exigent les normes d’élevage en régie biologique. Photos : Gracieuseté de la Ferme Villoise
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S'abonner maintenantWilliam Suess Villeneuve et Andréa Maltais ont fondé la Ferme Villoise en 2018, reprenant les installations du père de William, autrefois producteur laitier.
Sur les 80 hectares de terres, situées à Saint-Gédéon, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ils cultivent les grains servant à nourrir leurs 250 porcs, élevés en régie biologique.
Reproduction, élevage, transformation et distribution de leurs produits; ils prennent tout en charge eux-mêmes, explique William Suess Villeneuve.
« On est les seuls à élever des porcs biologiques dans la région. Ça implique qu’ils ont accès à l’extérieur, en enclos, en plus d’être nourris de nos grains biologiques », dit le producteur.

Un mélange d’avoine, de blé, de pois et de seigle, additionné de tourteaux de soya et de cameline, est donné aux porcs, selon qu’ils sont en engraissement ou en lactation.
Déclinée sous forme de charcuteries diverses, la marque Porc de Villoise, mise en marché en 2025, intrigue par les mentions porc « boréal » et « fermier » sur son étiquette. Mais que veulent dire exactement ces mentions ?
Si William Suess Villeneuve a décidé d’apposer la mention « fermier » sur l’étiquette de ses produits, c’est pour souligner l’aspect artisanal de sa démarche d’élevage.
On travaille un peu à l’ancienne, avec une méthode axée sur le bien-être animal et des principes d’éco-durabilité.
Selon Les Éleveurs de porcs du Québec, le terme « fermier » n’est pas une certification reconnue et peut donc être utilisée librement.
« La certification biologique implique déjà que le producteur travaille selon ces principes », confirme Tristan Deslauriers, directeur du Service des relations publiques.
La mention « boréal » peut aussi être utilisée sans qu’elle fasse l’objet d’un contrôle.
« N’importe qui peut utiliser le terme ‘‘boréal’’, qu’on a mis de l’avant il y a 10 ans, explique Bénédicte Armstrong, de la Table agroalimentaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean. On a toutefois créé l’image de marque “Zone boréale”, dont le logo sera déployé en 2026, pour mettre en valeur les producteurs œuvrant dans la région. Ce sera un identifiant de provenance, sans cahier de charges. »

William Suess Villeneuve croit que le terroir boréal s’exprime dans ses produits, grâce aux conditions nordiques dans lesquelles poussent les céréales qu’il donne à ses animaux.
« Mon porc est boréal parce qu’il est élevé au Lac-Saint-Jean, mais aussi parce que j’introduis des ingrédients locaux dans mes charcuteries, comme dans ma terrine aux bleuets sauvages du Lac, ou mes saucisses à la bière de la Chouape, au fromage de la Fromagerie Bouchard, ou au vin de bleuet de Saint-Félicien. »