L’autocueillette connaît un engouement croissant. Cette tendance reflète un attrait pour les traditions locales et l’agriculture de proximité. Photo : Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantAu Québec, la culture des sapins de Noël n’est pas qu’une tradition festive; il s’agit d’un secteur agricole structuré, exportateur et innovant. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la culture des arbres de Noël n’est pas récente, puisqu’elle a commencé durant les années 60. Le Québec est la principale province productrice canadienne, qui compte environ 250 entreprises, cultivant un total de plus de 9 000 hectares. Celles-ci sont situées majoritairement en Estrie et en Chaudière-Appalaches. Plus de 70 % des arbres produits sont exportés vers les États-Unis, principalement vers le nord-est, où se trouvent notamment les villes de Boston et de New York. Avec des revenus d’exportation ayant dépassé 58 M$ en 2024, la production d’arbres de Noël confirme l’importance économique de cette filière horticole.
La patience au cœur de la production
Cultiver des sapins de Noël demande de la patience. Lors de leur mise en terre, les plants sont déjà âgés de 3 à 5 ans et mesurent de 30 à 40 centimètres. Ils gagnent ensuite environ 30 centimètres en hauteur par année. Il faut donc attendre de 7 à 8 ans avant que les premiers arbres soient prêts pour la vente. Pendant cette période, les producteurs doivent gérer annuellement la replantation, la fertilisation, le contrôle des mauvaises herbes, ainsi que la taille manuelle du feuillage et la surveillance des ennemis des cultures, dont les chevreuils.
Le rôle des conseillers
Les producteurs d’arbres de Noël bénéficient des services de clubs-conseils depuis plus de 30 ans. Des conseillers agricoles et des agronomes les accompagnent étroitement en assurant le suivi des cultures, la surveillance des ravageurs et des maladies, ainsi que la fertilisation.
De plus, les agronomes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec s’impliquent dans le développement du secteur en facilitant la collaboration entre les conseillers, les producteurs et les chercheurs pour élaborer des projets d’innovation. Ils participent à la diffusion des connaissances et accompagnent de nouvelles entreprises intéressées par cette culture. Cette synergie entre les différents intervenants en fait un secteur particulièrement dynamique et innovant.
La qualité et l’esthétique des arbres
Contrairement aux arbres de la forêt, naturellement clairsemés et irréguliers, les sapins cultivés sont taillés annuellement, à partir de la deuxième ou troisième année, afin de produire une grande densité de branches. Cette pratique permet d’atteindre des standards de qualité commerciale et d’offrir aux consommateurs un produit esthétiquement attrayant.
L’autocueillette, la durabilité et le plaisir des Fêtes
L’autocueillette connaît un engouement croissant. Les familles peuvent choisir leur arbre et le couper directement à la ferme, une activité qui combine nature, éducation et plaisir. Cette tendance reflète un attrait pour les traditions locales et l’agriculture de proximité.
La production d’arbres de Noël complète un cycle écologique durable. Chaque année, les sapins récoltés sont remplacés par de nouveaux arbres qui sont replantés au champ. De plus, après les Fêtes, les arbres peuvent être récupérés par les municipalités pour la formation de copeaux ou le compostage. Les sapins cultivés représentent une option locale et écoresponsable.
Pour en savoir plus
La production de sapins de Noël conjugue exigences techniques et plaisir des Fêtes, tout en soutenant un marché dynamique. Ceux qui souhaitent approfondir le sujet sont invités à écouter un épisode complet de l’Agro Balado, présenté par l’Ordre des agronomes du Québec, intitulé Sapins de Noël : une culture agricole à part entière. Cet épisode explore en profondeur les défis et les techniques propres à ce secteur agricole.

En collaboration avec l’Ordre des agronomes du Québec :