Il est trop tôt pour prévoir la fin de la saga du canola, mais on peut espérer un retour à la normale, ou à tout le moins une nette amélioration, l’an prochain. Photo : Shutterstock
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S'abonner maintenantLes relations entre le Canada et la Chine se sont nettement détériorées sous l’ère de Justin Trudeau. Il y a d’abord eu l’affaire Huawei. À la demande des autorités américaines, la directrice financière du géant chinois des télécoms et fille du fondateur de l’entreprise, Meng Wanzhou, est arrêtée le 1er décembre 2018, lors d’une escale à l’aéroport de Vancouver. La Chine riposte quelques jours plus tard, en arrêtant deux ressortissants canadiens. Puis, en 2019, la Chine impose des restrictions sur les exportations de canola, invoquant des préoccupations phytosanitaires et des exigences plus strictes en matière de pureté du grain (dockage). Les exportations de canola et de tourteau ont fortement chuté, avant de reprendre au cours des années subséquentes.
Un deuxième événement a ensuite ravivé les tensions commerciales entre les deux pays. En août 2024, le Canada impose un droit de douane additionnel de 100 % sur les véhicules électriques importés de Chine, portant le tarif total à environ 106,1 %. Cette mesure vise à protéger l’industrie automobile canadienne, dont l’Ontario, en s’alignant sur des actions similaires prises par les États-Unis.
Le secteur agricole canadien a tout de suite craint que la Chine ne s’attaque une fois de plus au canola. Or, la Chine a pris six mois pour réagir, preuve que le pays a réellement besoin d’importer le canola et le tourteau du Canada pour l’aquaculture. En mars 2025, la Chine impose des droits tarifaires de 100 % sur l’huile et le tourteau, mais pas sur les graines de canola. Celles-ci seront soumises à un tarif douanier de 75,8 % en août 2025.
M. Mark Carney a pris ses fonctions en mars 2025 et a rapidement changé le point de mire du gouvernement fédéral : de l’environnement, on est passé au commerce extérieur, et ce, dans un contexte de tarifs douaniers américains à l’échelle mondiale avec l’arrivée de M. Trump à la Maison-Blanche. Cherchant à rééquilibrer les échanges économiques du Canada, M. Carney s’est rapproché de la Chine et a été invité par le président chinois, Xi Jinping, à visiter Beijing. L’amélioration des relations entre les deux pays est déjà palpable – des fonctionnaires fédéraux nous ont dit que les comités techniques bilatéraux se sont remis à fonctionner et que les échanges ont repris.
Il est trop tôt pour prévoir la fin de la saga du canola, mais on peut espérer un retour à la normale, ou à tout le moins une nette amélioration, l’an prochain. Certes, la production de canola est modeste au Québec, mais c’est une culture importante pour les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de l’Abitibi-Témiscamingue, notre canola se destinant principalement à l’usine de trituration de Bécancour. Nos régions nordiques sont limitées dans le choix des cultures : le canola est une option intéressante et rentable lorsque les conditions du marché sont normales.