Bovins 21 novembre 2025

Un balado replonge dans la faillite de Levinoff-Colbex

Dans le balado Front de bœuf, l’auteur et comédien Justin Laramée, connu pour la pièce-documentaire sur l’industrie laitière Run de lait, lève le voile sur les circonstances entourant la faillite de l’abattoir qui avait pour ambition de résoudre le déficit de la capacité d’abattage des vaches de réforme au Québec. Du même coup, il braque ses projecteurs sur l’ensemble de l’industrie nord-américaine de la viande bovine. 

Justin Laramée
Justin Laramée

L’appel d’un producteur laitier convaincu d’avoir été lésé par la fermeture, en 2012, de l’abattoir Levinoff-Colbex a été la bougie d’allumage du projet pour Justin Laramée. Au terme d’une rigoureuse enquête journalistique, diffusée dans un balado de près de cinq heures où interviennent une trentaine d’acteurs de l’industrie, il a tenté de comprendre les raisons pour lesquelles la vache de réforme des producteurs laitiers québécois ne se retrouvait pas dans les épiceries et le marché de l’hôtellerie, de la restauration et des institutions au Québec. Son constat : l’incapacité de maintenir une filière bovine en circuit court relève d’un échec collectif. « Pour mille et une raisons, dont le manque d’abattoirs, la sécheresse aux États-Unis, le prix du bovin, qui est plus élevé là-bas, le prix des veaux, la faillite de Colbex et cette douleur-là, le manque de courage politique, la domination de Cargill, de JBS, des grands joueurs, on n’est pas capables de fermer ce cycle-là au Québec. Et je trouve que ça raconte beaucoup notre société », a-t-il mentionné à La Terre

« Ça m’a vraiment profondément bouleversé de voir que ça se faisait ailleurs [en France notamment], très bien, sans problème, et que c’est peut-être justement un manque de vision politique, ici, gouvernemental, de l’Union des producteurs agricoles aussi, et des producteurs eux-mêmes, qui a fait en sorte qu’on n’y arrive pas pour l’instant », a soutenu le comédien. 

Depuis la sortie des six épisodes sur la plateforme OHdio de Radio-Canada, le5 novembre, Justin Laramée dit recevoir des dizaines de demandes de rencontre et de témoignages par jour de producteurs touchés par le balado. « Pour l’instant, je ne reçois que des mercis », fait valoir l’auteur. 

L’industrie porcine au théâtre

Comme Obélix tombé dans la marmite, Justin Laramée ne s’arrête pas là. Une pièce intitulée Temps de cochon est en préparation et fera état de la crise vécue dans l’industrie porcine, ces dernières années. Elle sera présentée au Québec en 2027. « C’est un gros dossier pour essayer de montrer aux Québécois ce qui est en train de se passer avec la filière porcine, et ce que nous, on finance collectivement au fond, parce que deux tiers de l’ASRA [assurance stabilisation des revenus agricoles] sont payés par les contribuables », explique-t-il en précisant avoir le souci de montrer la complexité de la filière.