Relève 18 novembre 2025

Elle démarre seule une production avicole

Sans parents en agriculture, Fanny Gauthier-Patoine a d’abord laissé tomber l’école et a travaillé pour un producteur de lait avant de terminer ses études collégiales en agriculture et de décrocher son diplôme universitaire en agronomie pour finalement acheter une terre et lancer sa propre production avicole. « C’est dur de se lancer en agriculture, mais je crois encore que c’est possible. Il faut être patient pour trouver la bonne opportunité, être stratégique, et il faut que tu t’attelles à l’ouvrage et que tu te battes. Car si, avant, l’avenir en agriculture était peut-être plus tracé, aujourd’hui, c’est rendu une entreprise et il faut être entrepreneur », atteste-elle.

L’agricultrice voulait au départ s’établir en production laitière.

Mais je me suis dit que pour une femme seule, la manipulation des vaches, ce n’était pas évident. La production d’œufs, c’était parfait pour moi.

Fanny Gauthier-Patoin

Elle a développé son plan d’affaires et a gagné l’aide au démarrage donnant droit à un prêt de quotas de 6 000 pondeuses en 2021. Elle a fait construire elle-même un bâtiment pouvant contenir 16 128 pondeuses, soit la capacité maximale qui lui était permise. « J’ai acheté de l’équipement usagé et j’aurais coupé sur n’importe quoi d’autre, sauf sur la capacité maximale », dit-elle, sachant qu’avec les locations de quotas, l’achat de quotas et l’allocation nationale, elle remplirait éventuellement son poulailler. C’est d’ailleurs déjà fait. Elle y est arrivée cinq ans plus tôt que prévu. 

Son coup de chance aura été sa terre agricole de 28 hectares à vendre à Saint-Adrien, en Estrie, qui était peu dispendieuse, mais peu attrayante pour plusieurs par le fait qu’elle était attachée à un important lot forestier. Fanny a réussi à délotir la terre. Un autre bon coup aura été l’achat de deux chalets également à faible prix qu’elle a rénovés, qui ont pris de la valeur et qu’elle loue sur une plateforme de location. Elle a vendu une propriété lui permettant d’investir pour faire croître sa ferme plus rapidement. « C’est important d’être agriculteur, mais c’est important d’être entrepreneur », appuie la femme de 33 ans.