La terre de Denis Groleau, producteur laitier à Thetford Mines, dans Chaudière-Appalaches, est tapissée de pylônes qu’il doit contourner à chaque coupe de fourrage. Photo : Gracieuseté de Denis Groleau
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S'abonner maintenantSituée à quelques kilomètres d’un important poste de raccordement d’Hydro-Québec, la terre agricole du producteur laitier Denis Groleau, à Thetford Mines, dans Chaudière-Appalaches, est déjà traversée par trois lignes de transport électrique. Avec un nouveau projet d’Hydro-Québec pour acheminer l’électricité d’un parc éolien voisin vers un poste de raccordement, il craint que sa terre soit de nouveau choisie.
« Hydro-Québec a dit qu’elle privilégierait les corridors déjà existants. Moi, j’ai déjà trois lignes et 22 tours dans mes champs. À un moment donné, c’est quoi la limite? » a-t-il questionné au micro de l’assemblée générale annuelle de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Chaudière-Appalaches, le 23 octobre.

Tout ce qu’il souhaite, c’est une forme d’équité pour les producteurs comme lui. « Car ça n’a plus de bon sens. C’est un vrai tapissage. En plus, je cultive du fourrage, donc c’est pire parce que j’ai trois coupes par année où je dois contourner chaque fois 22 pylônes. C’est beaucoup plus long », déplore-t-il.
De plus, l’entente actuelle ne prévoit qu’une compensation équivalente à une demi-servitude pour une deuxième ou une troisième ligne. « Les gens me disent : « Oui, mais tu reçois une compensation en échange. » C’est vrai, mais cette compensation est moindre plus il y a de lignes, alors que les désavantages sont plus grands », a-t-il témoigné dans une entrevue accordée à La Terre. Il aimerait également qu’il y ait un meilleur rapport de force pour les producteurs, qui sont, selon lui, souvent laissés à eux-mêmes pour négocier les ententes avec Hydro-Québec. Car il rappelle que si le prochain tracé d’Hydro-Québec privilégie encore une fois un passage sur ses terres, il n’aura pas le choix de s’y soumettre, puisque la société d’État a le pouvoir d’exproprier une partie de ses terres même s’il refuse le passage.