Agronomes, médecins vétérinaires et ingénieurs ont uni leurs compétences pour présenter une journée de mise à jour des connaissances, reliées aux conditions d’ambiance et aux changements climatiques en production ovine et caprines. Photo : Gracieuseté du CEPOQ
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S'abonner maintenantAu cours de la dernière année, le Centre d’expertise en production ovine du Québec (CEPOQ) a tenu une formation dans deux régions différentes portant sur les conditions d’ambiance en bergerie et chèvrerie en lien avec les défis que représentent les changements climatiques pour les productions ovines et caprines. Agronomes, médecins vétérinaires et ingénieurs ont uni leurs compétences pour présenter une journée de mise à jour des connaissances reliées aux conditions d’ambiance et aux changements climatiques. Cet article abordera le sujet sous l’angle de la santé ovine.
D’entrée de jeu, les problèmes de maladies apparaissent dans un élevage ovin quand il y a un bris d’équilibre et si on veut, l’accumulation de stress d’élevage plus ou moins important, mais qui en s’additionnant peuvent conduire à l’apparition de maladies qui entraîne une répercussion directe sur la production et la rentabilité des entreprises ovines. Les changements climatiques et les stress thermiques qui en résultent sont maintenant des facteurs importants à considérer dans la conduite normale des élevages.
La santé et le bien-être des moutons passent aussi par le respect et la mise en application des cinq libertés (voir encadré).
Les éleveurs ovins québécois font face comme pour les autres productions à ces défis; ils doivent donc s’adapter puisque les changements climatiques semblent se produire rapidement.
En condition d’ambiance, les installations doivent être prévues pour des conditions d’été de plus en plus chaudes et des conditions hivernales où l’on rencontre des écarts rapides de température. Les éleveurs québécois visent de plus en plus une production régulière d’agneaux. Ceci amène à prévoir des périodes d’agnelage et de reproduction tout au long de l’année, peu importe la température et les conditions climatiques. On ajoute à cela qu’en général, le recours au pâturage ne fait pas partie de la régie, ce qui entraîne le besoin d’avoir une bergerie bien ventilée et spacieuse pour l’été.
Une autre particularité de la production ovine, c’est la laine. Une laine longue peut être souhaitée en hiver en bergerie froide où elle sert d’isolant, mais déconseillée en bergerie isolée en hiver où on doit tondre les brebis pour qu’elles dégagent de la chaleur pour réchauffer la bergerie et diminuer l’humidité.
Du côté des maladies, les problèmes de condition d’ambiance sont très fortement associés aux pneumonies. C’est une réalité, cette condition est généralement reconnue comme étant la principale cause de mortalité en bergerie. En abattoir, on remarque qu’un bon pourcentage des agneaux abattus ont des lésions pulmonaires résultant de problèmes pulmonaires vécus auparavant. La qualité de la carcasse est bonne, mais seulement les poumons vont être rejetés (condamnés).
Lors de la formation, une attention particulière a été portée sur les coups de chaleur, qui peuvent causer des mortalités dont les signes ressemblent à des pneumonies : respiration accélérée, halètement, hyperthermie, décubitus et mort.
À l’inverse, des coups de froid en hiver se manifestent par de l’hypothermie, de l’inanition et le décès. On les rencontre chez des animaux plus maigres et ceux ayant été fraîchement tondus et gardés en bergerie froide.
Comme mentionné plus tôt, le défi de la production régulière et à l’année fait en sorte que le plan de production amène à faire les accouplements de certains groupes durant les périodes chaudes voire de canicule. Pour les ovins habitués dans leur cycle naturel à entrer en reproduction l’automne, la chaleur peut entraîner des répercussions importantes sur leur fertilité. Des ajustements importants à la ventilation doivent donc être apportés.
En rafale, plusieurs maladies apparaissent dans les élevages à la suite de stress thermiques, d’un mauvais contrôle de l’humidité et des variations trop importantes de la température. Citons ici : la coccidiose, les mammites, les avortements, la diarrhée néonatale, la listériose, les boiteries, etc. On peut ajouter que certaines maladies chroniques ou à développement lent sont favorisées par de mauvaises conditions d’ambiance comme la paratuberculose ou le Maedi visna.
Bien des maladies ont été énumérées ici, mais il ne faut pas penser que les moutons sont plus malades que les autres animaux d’élevage. Ils font face aux mêmes défis. Ils ont besoin de milieux bien aménagés pour être en santé eux aussi.
En conclusion, cette formation a démontré l’importance d’une collaboration interdisciplinaire en élevage où les compétences de chacun, que l’on soit médecin vétérinaire, agronome, ingénieur, technicien et éleveur sont valorisées.
Les cinq libertés pour le bien-être et la santé animale
- Absence de faim et de soif
- Absence de stress physique et thermique
- Absence de peur et de détresse
- Absence de douleur, de lésions ou de maladie
- Capacité d’expression des comportements normaux de son espèce