Grandes cultures 7 novembre 2025

Un jeu élevé par des concours de rendement dans le maïs

Dans le sport, c’est bien connu : la compétition aide à devenir meilleur. Le même concept se retrouve dans la culture du maïs. Des concours de rendement sont organisés à l’intention des utilisateurs de semences Dekalb et, maintenant, Pionner, afin de motiver les producteurs à élever leur jeu.

KINGSEY FALLS – Dans le Centre-du-Québec, Stéphane Roy vit pratiquement dans sa moissonneuse-batteuse ces temps-ci, lui qui se dépêche à récolter ses 1 000 hectares (ha) de maïs. À l’intérieur de sa cabine, deux médailles accrochées sur le mur se balancent près de son épaule. Il s’agit des premières positions remportées lors des deux dernières années au concours de maïs du Groupe Ducharme, son vendeur de semences Dekalb. 

« C’est le fun! Car dans l’agricole, chacun fait habituellement ses petites affaires, tandis qu’avec le concours, on a la chance de voir ce que les autres font comme rendement et comme stratégie de culture », explique celui dont la ferme est située à Danville, en Estrie. 

Certains de ses champs laissent à désirer, cette année, en raison de la météo capricieuse. D’autres affichent des résultats très intéressants, qui pourraient lui permettre de faire encore bonne figure au concours. « J’ai peut-être des chances », espère-t-il. Son secret? « J’ai environ 200 ha de mes meilleurs champs où je monte ma population [taux de semis]. Ici, c’est un loam graveleux, alors je ne fais souvent pas de travaux à l’automne. Je mets mon fumier de porc au printemps et je me dépêche de l’incorporer en 24 heures avec un chisel ou la déchaumeuse. Après, je donne un coup de herse pour la finition et je sème », décrit-il, soulignant l’importance d’effectuer un semis dans les règles de l’art et selon les dates optimales. Pour le reste, il ne fait rien de particulier. Sans surfertiliser, il s’assure de fractionner et d’incorporer l’azote liquide près des racines. 

Ludovic Bossel, un agronome du Groupe Ducharme, observe des points communs entre ceux qui gagnent. « Ils ont souvent une bonne régie de culture, un bon nivellement, un drainage sur la coche, des semis réussis, une fertilisation réussie et un sol qui va libérer le plein potentiel de l’hybride. On remarque que ce sont souvent les mêmes producteurs qui se retrouvent dans le top 3 ou le top 5, bien que ce ne sont pas tout le temps eux qui gagnent la première place. » 

Les pesées pour le concours ne sont pas terminées, mais les meilleurs producteurs obtiendront près de 14 tonnes à l’hectare (t/ha), évalue-t-il, tandis que l’an dernier, la meilleure marque atteignait les 17 t/ha. La pesée s’effectue sur une distance de 300 mètres à un endroit décidé par le producteur. 

« Ça challenge les producteurs. Ils voient ce que l’hybride de maïs peut avoir comme potentiel dans leur région et se disent que s’il peut le faire sur 300 mètres, pourquoi ne pas avoir ce rendement dans tout le champ? » raconte M. Bossel. 

Les participants sont invités à une remise de prix amicale chaque année permettant d’échanger sur la question.   


Les héros du rendement maintenant au Québec

Le semencier Pioneer déploie, cette année, au Québec, son concours de héros du rendement, qui connaît déjà du succès aux États-Unis et dans l’Ouest canadien. Une centaine de producteurs québécois espèrent remporter les grands honneurs. Il y aura trois gagnants pour le maïs et un pour le soya, lesquels remporteront un voyage au Texas pour prendre part au Commodity Classic, un congrès créé par les agriculteurs pour les agriculteurs, axé sur la production végétale et les nouvelles technologies agricoles. D’autres producteurs d’élite d’Amérique du Nord s’y rendront.

Guillaume Leblanc a parcouru 3 000 km et effectué 30 jours consécutifs de pesée dans le cadre du concours de rendement. Il remarque que les producteurs qui choisissent la stratégie d’ajouter des biostimulants ou des fongicides ou de surfertiliser n’obtiennent pas nécessairement une victoire au concours. Photo : Gracieuseté de Guillaume Leblanc
Guillaume Leblanc a parcouru 3 000 km et effectué 30 jours consécutifs de pesée dans le cadre du concours de rendement. Il remarque que les producteurs qui choisissent la stratégie d’ajouter des biostimulants ou des fongicides ou de surfertiliser n’obtiennent pas nécessairement une victoire au concours. Photo : Gracieuseté de Guillaume Leblanc

« On veut créer un momentum, pousser nos agents à aller au champ [pour accroître les rendements], créer de l’engouement sur nos produits et favoriser les échanges avec les producteurs », explique Vanessa Duval-Tougas, agronome aux ventes chez Pioneer. 

Guillaume Leblanc, représentant pour le secteur de Saint-Hyacinthe, remarque que le concours incite les producteurs à se dépasser en peaufinant leurs pratiques.

 Lors des semis, ils vont débarquer plus souvent du tracteur pour voir si le moniteur dit les bonnes choses, voir si la singulation est bonne et si la semence est vraiment à 5 cm de profondeur, par exemple. Parfois, ils se rendent compte que leur outil avait besoin d’ajustement.

Guillaume Leblanc

Le concours incite les participants à visiter plus souvent leurs champs durant la saison afin de comprendre ce qui fonctionne bien et moins bien. Des leçons qui alimentent la stratégie de l’année suivante. 

Guillaume Leblanc organisait déjà un concours maison de rendement depuis quelques années. Le fait d’avoir un concours national ajoute une motivation supplémentaire. 

Malgré l’aspect amical, la Ferme St-Pierre et Fils, copropriété de Michaël St-Pierre, essaie des produits et des régies différentes pour améliorer ses chances. Photo : Gracieuseté de la Ferme St-Pierre et Fils
Malgré l’aspect amical, la Ferme St-Pierre et Fils, copropriété de Michaël St-Pierre, essaie des produits et des régies différentes pour améliorer ses chances. Photo : Gracieuseté de la Ferme St-Pierre et Fils

À La Présentation, l’un de ses clients, Michaël St-Pierre, est heureux de pouvoir se comparer. « Tu vois que le rendement dans ta plus belle strip est de 20 t/ha, alors tu te dis que veut, veut pas, le potentiel [de la plante] est là. » Il se compare aussi aux gagnants. « Depuis deux ans, ce sont les deux mêmes qui gagnent. C’est un concours amical. On se texte, on a bien du fun avec ça. » 

Malgré l’aspect amical, la Ferme St-Pierre et Fils essaie des produits et des régies différentes pour améliorer ses chances. « Des choses, comme de semer plus lentement et tout ce qu’on dit qu’on doit faire, mais qu’on ne fait pas à cause que la pluie s’en vient », énumère celui qui cultive 526 ha.