Petits fruits 31 octobre 2025

La récolte des bleuets passe à la vitesse supérieure

Malgré une saison marquée par la sécheresse et une baisse de rendement, l’introduction d’une nouvelle classeuse-empaqueteuse a permis à un réseau familial de quatre entreprises de production de bleuets de corymbe, à Franklin, en Montérégie, d’améliorer significativement leur productivité. Vincent Meloche, l’un des producteurs impliqués dans le projet, y voit un tournant majeur pour l’avenir de l’industrie locale.

« Oui, honnêtement, ça a répondu à nos attentes », confirme M. Meloche. Bien que la récolte ait diminué d’environ 25 % en raison du manque d’eau – malgré l’irrigation goutte-à-goutte –, l’investissement dans cette technologie a permis un gain de temps substantiel. « Ce qui prenait cinq à sept heures l’an passé à faire manuellement, cette année, on le faisait en deux heures », explique-t-il.

La machine, conçue pour trier et empaqueter automatiquement les bleuets, élimine les impuretés grâce à un système de tri optique. Ensuite, le fruit est conditionné dans des contenants prêts à l’expédition. 

L’introduction de ce nouvel équipement a surtout permis de restructurer le travail.

C’est un changement majeur. Avant, nos employés passaient presque une journée entière à empaqueter. Maintenant, en deux ou trois heures en fin de journée, tout est fait.

Vincent Meloche

La famille Meloche emploie une cinquantaine de travailleurs étrangers en plus des locaux.

Réseau familial

L’acquisition de la machine a été rendue possible grâce à un partenariat familial impliquant les quatre entités agricoles et quelque 60 000 plants de bleuets. « C’est vraiment un réseau familial. On utilise la machine à tour de rôle, et cette année, on est encore à l’étape d’implantation. Mais c’est certain qu’à l’avenir, on devra structurer le partage des coûts selon l’utilisation de chacun. »

L’objectif à long terme : conquérir de nouveaux marchés, notamment les grandes chaînes d’alimentation. Pour compétitionner avec le New Jersey et la Colombie-Britannique, l’entreprise doit réduire les coûts de main-d’œuvre, comme l’a mentionné Isabelle Machabée en août dernier dans un article publié dans La Terre

Pour l’instant, les bleuets continuent d’être distribués via le marché des producteurs à Montréal, à divers kiosques régionaux et, depuis deux ans, vers les États-Unis durant les périodes de surplus.

« On essaie de désengorger le marché central à la fin juillet, début août, quand l’offre est trop grande et les prix chutent. On évacue alors une partie de notre production vers les États-Unis », précise M. Meloche. Cela permet de maintenir une certaine stabilité dans les ventes, malgré les aléas de la saison.

Mais à long terme, l’optimisme demeure. « C’est clair que ça va changer la face de l’entreprise. On va tranquillement s’éloigner du marché frais pour se tourner vers les supermarchés et l’exportation. Cette année, on a semé les graines d’une nouvelle façon de faire. »