Relève 31 octobre 2025

Plaidoyer pour un soutien accru à la relève agricole

SHERBROOKE Tout n’est pas rose pour la relève agricole. Et Marie-Pier Lavallée Guérin l’a exprimé avec émotion, lors de la récente assemblée générale annuelle de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Estrie, le 23 octobre. La jeune productrice de Bury est d’ailleurs à l’origine de l’adoption d’une résolution visant à actualiser et indexer l’aide à l’établissement de la relève.   

L’assemblée générale annuelle de la Fédération de l’UPA de l’Estrie s’est tenue le 23 octobre, à Sherbrooke. Photo :  Marie-France Létourneau

Parce qu’elle occupe un deuxième emploi, Mme Lavallée Guérin a vu sa subvention coupée de moitié. « Je ne connaissais pas tous ces détails-là, déplore-t-elle. Je pensais aller chercher 50 000 $ [d’aide]. Mais, en fonction de leurs critères, j’en ai reçu 25 000 $. Ça limite la transition vers un 100 % [de travail] à la ferme. »

La jeune femme vise à prendre la relève de la Ferme du Luçois, qui produit du bœuf à l’herbe, des poulets de grain et des œufs. Avoir « un sideline » est incontournable, selon elle. « La banque le demande, si les chiffres ne sont pas nécessairement là, pour supporter ton prêt », dit-elle, en ajoutant qu’elle n’est pas seule dans cette situation.

Selon la résolution adoptée, il est ainsi demandé à La Financière agricole du Québec d’actualiser (et d’indexer) les montants de l’aide à l’établissement de la relève agricole afin qu’ils reflètent les réalités économiques actuelles. Les critères d’admissibilité, notamment en ce qui a trait à l’emploi extérieur, doivent également être revus, est-il stipulé.

Cela rejoint d’ailleurs les demandes de la Fédération de la relève agricole, qui plaide pour que d’importantes réformes soient réalisées dans le programme d’appui à la relève. 

Cri du cœur

Plus tôt dans l’assemblée, Marie-Pier Lavallée Guérin y est en outre allée d’un cri du cœur spontané en réaction au discours du président général de l’UPA, Martin Caron. Celui-ci a évoqué les différents enjeux et problématiques auxquels est confronté le secteur agricole québécois. « Votre discours n’était pas encourageant pour la relève agricole. Ça vient me chercher », lui a-t-elle dit, peinant à retenir ses larmes au micro.

« Des fois, des gens me disent : ‘‘T’es ben folle de travailler à l’extérieur, en plus de la ferme’’, a-t-elle rapporté. On est fous de continuer, au lieu de rester tranquilles et de prendre notre petit salaire, mais ce n’est pas ça qu’on veut! »

Ses propos ont trouvé écho auprès de Martin Caron, ému à son tour.

« Ça vient me chercher, parce que j’ai un gars qui prend la relève. Et, à l’occasion, c’est ce qu’on me dit à la maison. […] Il ne faut pas lâcher. »   

Martin Caron