Transformation 4 novembre 2025

Les mini carottes du Québec se taillent une place à l’épicerie

Aux côtés de sacs de marques américaines, des emballages de mini carottes de marque Carroté sont désormais bien en évidence à l’épicerie. Au verso, les consommateurs sont invités à les grignoter « sans culpabilité », puisqu’elles sont 100 % québécoises.

« Ce qu’on voulait faire ressortir, c’est que ce produit est la seule et unique option locale offerte dans la mini carotte. […] Avec le contexte géopolitique et ce qui se passe avec les États-Unis, on ne va pas se le cacher, on est arrivés dans un bon timing », indique en entrevue Florence Rancourt, directrice des communications, du marketing et des ressources humaines pour Produits frais FMS, en Montérégie. Avec la collaboration d’autres fermes, l’entreprise cultive les carottes, puis les coupe et les polit pour leur donner le format souhaité avant de les emballer, à même ses nouvelles installations de transformation, situées à Sherrington, en activité depuis juin.

La distribution dans les épiceries a commencé au début de juillet, puis a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, les petits légumes orangés se taillent une place parmi les gros joueurs américains chez Metro, Super C, Costco et, bientôt, Maxi, mais il reste encore du terrain à gagner. L’objectif est de poursuivre la croissance graduellement.

« On s’est donné le temps de maîtriser ce qu’on faisait. On voulait s’engager sur des volumes qu’on allait être capables de livrer. C’est de la nouvelle machinerie, donc on voulait s’assurer de bien la maîtriser et de pouvoir livrer un produit qui répond aux standards de qualité qu’on s’était fixés », ajoute-t-elle, spécifiant que les différentes bannières démontrent beaucoup d’intérêt pour ce produit, qui s’écoule bien, selon le son de cloche qu’elle obtient de ses acheteurs.

Comme prévu, l’entreprise dotée d’installations de conservation approvisionnera les supermarchés en mini carottes cultivées au Québec jusqu’en février. Ensuite, elle transformera des légumes importés jusqu’au début de la saison suivante, en précisant bien la provenance sur le sac.

Des prix compétitifs

L’une des difficultés souvent relevées par les maraîchers au Québec est d’approvisionner les acheteurs à prix compétitifs, par rapport aux légumes importés, notamment des États-Unis, qui sont souvent produits en grands volumes et avec des coûts de production plus faibles. Questionnée à savoir si la mini carotte a été coûteuse à produire, Florence Rancourt admet que les équipements de transformation requis pour s’attaquer à ce marché, dominé par des géants américains, ont nécessité des investissements de départ importants de 25 M$, mais assure que son entreprise parvient à vendre ses carottes à coût compétitif, notamment en économisant sur les frais de transport.

« C’est directement de nos champs. […] On est intégrés verticalement, donc on cultive la carotte, on la plante, on la récolte, on la transforme directement sur place. […] Il y a une économie d’échelle à faire, c’est certain », dit-elle, affirmant que les consommateurs, au bout du compte, n’ont pas à payer plus cher pour avoir une option locale.