Actuellement, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants recense quatre producteurs de viande d’agneau sous certification biologique dans la province. Photo : Archives/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantDe petits producteurs de lait de brebis biologique se demandent comment tirer un meilleur profit de la vente des agneaux, qu’ils doivent se résigner à vendre au prix du conventionnel.
Pierre-Marc Blais, copropriétaire de la Bergerie Blais, à Newport, en Estrie, produit du lait biologique de brebis avec un troupeau d’une centaine de têtes. Cet élevage lui sert essentiellement pour la fabrication de fromage biologique.
Au départ, il prévoyait bonifier les revenus de son entreprise en vendant les agneaux issus de son troupeau à l’agence de vente des éleveurs ovins du Québec. Or, la prime offerte pour l’agneau biologique a été abolie en 2024. Pour ne pas trop perdre au change, le fromager artisanal n’a donc pas demandé de certification biologique pour ses agneaux, qu’il élève dans un autre bâtiment, avec de la moulée conventionnelle pour diminuer les coûts de cette production.
De son côté, la productrice de lait de brebis biologique Anie Stebenne, propriétaire de la Bergerie de la brebis rêveuse, à Saint-Malo, en Estrie, fait face au même défi, alors qu’elle doit vendre ses agneaux au même prix que les autres à l’encan de l’agneau léger, où il n’y a pas de catégorie biologique.
Ces deux producteurs pourraient choisir de commercialiser eux-mêmes leur viande, comme le font la majorité des éleveurs d’agneaux biologiques, mais puisque leurs efforts sont plutôt orientés sur la production de lait, le temps leur manque pour développer cette autre activité en parallèle, plaident-ils.

La demande n’est pas là
Marc-Olivier Bessette, directeur général par intérim des Éleveurs ovins du Québec, confirme que la catégorie biologique n’existe plus à l’agence de vente, ayant été abolie en 2024 dans le cadre de la nouvelle convention producteurs-acheteurs. « Il s’en vend peut-être, mais ce n’est pas sous le label bio », précise-t-il en entrevue avec La Terre.
Derrière cette décision, il y avait l’objectif d’alléger le fardeau administratif des éleveurs d’agneaux biologiques, « qui font tous leur propre mise en marché », précise M. Bessette. « Avant, leurs agneaux n’avaient pas le choix de transiger par l’agence. Au début de l’année, ces éleveurs se rencontraient sous notre organisation et autodéterminaient entre eux un prix de vente. Ils devaient ensuite nous vendre leur production, qu’ils rachetaient ensuite, étant donné qu’ils commercialisaient leur viande eux-mêmes. C’est pour ça qu’on a fait le changement. Maintenant, ils ont une plus grande liberté de mise en marché », détaille-t-il.
Par ailleurs, selon lui, la demande ne serait pas au rendez-vous, sur le marché du gros, pour justifier le retour d’une catégorie spécifique pour l’agneau biologique.
L’agneau régulier a quand même un prix assez élevé, donc ça n’a jamais été une demande [de nos acheteurs] d’avoir un produit avec une valeur supérieure.
En effet, la Coopérative de solidarité des producteurs d’agneaux du Québec, qui est l’un des principaux acheteurs à l’agence de vente, indique qu’il y a très peu de demandes pour ce type de produit de la part des grandes chaînes d’épicerie. « Et si c’était le cas, l’approvisionnement serait compliqué, car il y a très peu d’éleveurs au Québec, et il faut être en mesure de faire de gros volumes pour approvisionner le marché du gros », ajoute Cathy Lebel, coordonnatrice de la coopérative.
Actuellement, le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants recense quatre producteurs de viande d’agneau sous certification biologique dans la province. Ceux-ci font leur propre mise en marché, « soit dans des kiosques à la ferme, dans les marchés publics, ou encore par un intermédiaire, c’est-à-dire dans les boucheries spécialisées ou dans le secteur des HRI [hôtellerie, restauration et établissements institutionnels] », indique Marc-Olivier Bessette.