Volailles 24 octobre 2025

Les oiseaux sauvages moins infectés

Des éleveurs de volailles de Saint-Bonaventure redoutent la migration des oiseaux depuis qu’une bernache infectée par la grippe aviaire s’est posée dans la cour de leur ferme. Ils n’ont pas tort. Mais, bonne nouvelle, l’activité du virus a diminué chez les oiseaux sauvages, selon les données enregistrées dans le cadre du programme de surveillance de l’influenza aviaire.

« Le nombre d’oiseaux infectés par le virus H5N1 a vraiment diminué de façon importante au cours de la dernière année », affirme Stéphane Lair, directeur du Centre québécois sur la santé des animaux sauvages et professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

« Depuis le début 2025, 9 cas ont été confirmés, comparativement à 25 pour la même période en 2024, et à 21 pour 2023 », précise-t-il.  Selon le spécialiste, les oiseaux sauvages semblent avoir développé une certaine forme « d’immunité » face au virus, à la suite de l’épidémie de 2022. « Cela dit, le virus circule encore et on peut voir des cas isolés, à ­l’occasion », dit-il. La situation est différente pour les oiseaux d’élevage.

Ce sont toujours de nouveaux oiseaux qui ne sont pas nécessairement protégés, qui conservent une certaine naïveté, par rapport au virus. 

Stéphane Lair

D’où l’importance de ne pas négliger la mise en application des différentes règles de biosécurité pour les fermes avicoles afin d’éviter une potentielle transmission, rappelle-t-il. 

Surveillance

Le Programme de surveillance de l’influenza aviaire se poursuit par ailleurs. Il est mené conjointement par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), le ministère de ­l’Agriculture, ainsi que le Centre québécois sur la santé des animaux sauvages. 

Les citoyens qui découvrent un oiseau mort, malade ou blessé peuvent le signaler au MELCCFP en composant le 1 877 346-6763 durant les heures ouvrables. 

Bon an mal an, plus de 1 000 signalements sont reçus et traités, selon un porte-parole du ministère. Une plus grande attention est toutefois portée par l’équipe de surveillance aux oiseaux aquatiques (oies des neiges, bernaches, canards, goélands), ainsi qu’aux oiseaux de proie et aux charognards. Ceux-ci sont plus susceptibles d’être infectés par le virus, souligne Stéphane Lair.  

Plus de peur

La bernache malade qui s’est posée dans la cour de la ferme de Guy St-Pierre et Sylvie Beauregard, à Saint-Bonaventure, près de Drummondville, leur a donné une petite frousse. Les analyses réalisées sur l’oiseau ont confirmé qu’il était infecté par la grippe aviaire, dit le couple qui a craint que le virus entre dans ses poulaillers.

L’événement s’est produit durant la migration automnale, il y a près de deux ans. Mais il demeure d’actualité. « On a eu peur, mais on s’en est bien tirés », se réjouit Guy St-Pierre. 

Le couple dit avoir multiplié les appels, à l’époque, afin de trouver qui pourrait ramasser l’oiseau mal en point. La tâche n’a pas été simple, d’autant plus que l’événement est survenu en fin de journée. Mais les producteurs ont eu de la chance : la bernache a pu être récupérée rapidement par des agents de la Faune.

Stéphane Lair précise néanmoins que le programme de surveillance n’en est pas un « d’urgence ». « Il ne faut pas penser que c’est un service pour aller récupérer des oiseaux morts ou malades sept jours par semaine, dit-il. L’objectif est d’évaluer ce qui se passe avec le virus au Québec. » 

De façon générale, un oiseau sauvage mort peut être jeté aux ordures ménagères, tout en privilégiant certaines mesures d’hygiène, dont l’utilisation de gants jetables et d’un sac plastique doublé, selon le MAPAQ. Il est essentiel de se laver les mains immédiatement après avoir manipulé la carcasse.