Ma famille agricole 26 septembre 2025

Deux fermes, une passion

SAINTE-ANGÈLE-DE-MONNOIR – Cela fait plus de 40 ans que Daniel Charbonneau, patriarche de la famille et fondateur des Légumes Charbonneau, a ajouté un deuxième site de production avec l’achat d’une terre sur le rang de la Savane, à Saint-Hubert, en Montérégie. L’endroit est situé au cœur d’une vaste zone verte entre les autoroutes 20 et 30, près de l’aéroport de Saint-Hubert. Les frères de M. Charbonneau ont acheté une terre voisine à la même époque. 

« Je voulais me rapprocher de la clientèle parce qu’ici [à Sainte-Angèle], ce n’était pas assez », explique le producteur maraîcher de 77 ans. 

Autre avantage de ce projet un brin audacieux : Daniel Charbonneau y a aménagé un verger au début des années 1990 en « partant de zéro ». La terre, où le Verger de la Savane a été implanté, était « en foin », explique-t-il. 

Puisque ses enfants étaient encore tout jeunes à l’époque, faire de la place à la relève n’était pas un des objectifs de l’ajout de cette deuxième adresse. Mais, aujourd’hui, il se réjouit de la tournure des événements. Ses fils, David et François, sont copropriétaires de l’entreprise avec lui depuis 2005. 

Ça a été intense cette année, avec la sécheresse. On a travaillé pas mal. On a dû irriguer le maïs sucré, ce qui n’arrive pas si souvent.

François Charbonneau

Ces derniers ont d’ailleurs finalisé l’achat, en 2009, de la totalité des terres voisines qui avaient été acquises à Saint-Hubert par leurs oncles. En plus des pommes, des fraises et du maïs sucré y sont cultivés – et vendus sur place en kiosque ou en autocueillette –, sur une superficie d’environ
63 hectares. David y œuvre à temps plein.

Transmission de valeurs

Une nouvelle génération, la cinquième de cette famille d’agriculteurs, a déjà commencé à prendre sa place. Rosalie, 22 ans, travaille aux côtés de son père, David, à Saint-Hubert, tandis que Thomas, 18 ans, s’active au quotidien à Sainte-Angèle-de-Monnoir, avec son père François et son grand-père, Daniel. 

C’est d’ailleurs sur cette terre familiale de Sainte-Angèle-de-Monnoir qu’une partie importante des cultures est réalisée. Du maïs sucré (qui a de nombreux adeptes), des fraises, des oignons, des concombres, des pommes de terre, des poivrons, des courges et des citrouilles y sont notamment cultivés. 

Rosalie, 22 ans, travaille aux côtés de son père, David Charbonneau, à Saint-Hubert. Photo : Gracieuseté du Verger de la Savane

La vente au détail a toujours été favorisée à la vente en gros. Et Daniel Charbonneau ne cherche pas à en faire plus. « On mise sur la qualité et non sur le volume », dit-il. Son fils, François, souligne néanmoins que l’ajout récent de produits transformés (beignes, tartes, etc.) a permis d’augmenter les ventes.  

La production des Légumes Charbonneau est écoulée aux kiosques des deux fermes, de même qu’à deux autres sites de vente saisonniers près des supermarchés IGA.

La qualité et la fraîcheur des produits offerts sont les deux valeurs phares que le patriarche de la famille souhaite transmettre à ses fils avec l’entreprise. Selon lui, son maïs sucré doit sa réputation au fait qu’il est toujours « frais du jour, jamais de la veille et jamais réfrigéré ».
« Il faut être honnête avec nos clients, dit le producteur. On n’est jamais les premiers à sortir notre maïs dans la saison. On le vend quand il est à maturité. »  

Un siècle d’agriculture

Cela fait plus de 100 ans que les Charbonneau cultivent la terre du chemin du Vide, à Sainte-Angèle-de-Monnoir, raconte Daniel. Ses grands-parents, Hervé et Émilia, y ont établi une ferme laitière en 1920. Leur fils aîné, Fernand, a par la suite pris la relève, avec sa conjointe Roseilda, au milieu des années 1940. Il a été un des premiers du rang, semble-t-il, à troquer les chevaux pour un tracteur. 

C’est également Fernand qui est à l’origine de l’intérêt de ses enfants pour la production maraîchère. Ils ont fait leurs armes en vendant le maïs sucré cultivé par leur père à un kiosque en bordure du chemin. D’autres légumes ont par la suite été ajoutés pour répondre à la demande. 

Lorsque Daniel a succédé à ses parents en 1974, il a mis une croix sur la production laitière et a jeté son dévolu sur la production maraîchère, qu’il conjugue aujourd’hui avec la culture de soya et de blé d’automne. L’histoire des Légumes Charbonneau continue ainsi à s’écrire.   

La récolteuse à maïs sucré a été un achat très judicieux, il y a une dizaine d’années. Photo : Marie-France Létourneau

La récolteuse à maïs sucré a été un achat très judicieux, il y a une dizaine d’années. Photo : Marie-France Létourneau

Équipement utile

Aux prises avec des problèmes récurrents de main-d’œuvre, la famille Charbonneau s’est résolue à faire l’achat, il y a une dizaine d’années, d’une récolteuse à maïs sucré. L’investissement a, depuis, été amplement rentabilisé, assure Daniel Charbonneau. « Pour quelqu’un qui a de la main-d’œuvre, ça ne va pas plus vite, explique-t-il. Mais pour nous, qui sommes trois à cueillir le maïs à 5 h 30, 6 h, le matin, ça remplace deux, trois cueilleurs qu’on engagerait juste pour deux, trois heures par jour. » Difficile de trouver un équipement plus utile, assure-t-il.    

François et Daniel Charbonneau veillent à offrir du maïs « frais du jour » à leur clientèle. Photo : Marie-France Létourneau

François et Daniel Charbonneau veillent à offrir du maïs « frais du jour » à leur clientèle. Photo : Marie-France Létourneau

Le bon coup de l’entreprise

Daniel Charbonneau est particulièrement heureux d’avoir fait l’acquisition d’une terre à Saint-Hubert dans les années 1980. Le prix était plutôt bas, dit-il, mais les taux d’intérêt étaient élevés à l’époque. Le producteur maraîcher se réjouit d’avoir eu l’aide de ses parents et d’avoir pu négocier avec un vendeur accommodant. Non seulement cette acquisition lui a permis d’augmenter les revenus de son entreprise, mais il a pu diversifier sa production avec l’ajout d’un verger. Cela a également permis de profiter de la proximité d’un bassin de clientèle important, celui de la communauté métropolitaine de Montréal.

Fiche technique
Nom de la ferme :

Légumes Charbonneau

Spécialité :

Production maraîchère

Année de fondation :

1974

Noms des propriétaires :

Daniel, David et François Charbonneau

Nombre de générations :

5

Superficie en culture :

110 hectares

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