Avec la centaine de questions disséminées dans le labyrinthe de la ferme, la Ferme Guy Rivest en profite pour mettre à l’épreuve la culture générale des petits et grands. Photo : Gracieuseté Ferme Forget
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S'abonner maintenantLes labyrinthes de maïs continuent d’avoir la cote. Et les maraîchers qui les aménagent sur plusieurs hectares rivalisent plus que jamais d’ingéniosité. Les tracés sont uniques et certaines thématiques proposées rappellent même les jeux d’évasion. Mais le jeu en vaut la chandelle, assurent leurs créateurs.
« Ce n’est pas juste un chemin dans le champ, lance Mathieu Forget, propriétaire de La Ferme Forget. On travaille fort sur notre labyrinthe. Il faut qu’il y ait un challenge! »
Le maraîcher de Laval semble avoir réussi son pari. Des gens égarés dans son labyrinthe de 3,5 hectares, après une soirée spéciale, ont même déjà contacté la police. Celle-ci les a aidés à atteindre la sortie. « On l’a appris le lendemain matin, s’étonne encore M. Forget. On avait pourtant fait le tour du champ à la fin de la soirée. »
« Il y a au moins une personne par jour qui se perd », ajoute-t-il d’un ton amusé, tout en précisant que l’aide de la police n’a été sollicitée que cette seule fois, en pleine nuit.

« Quand les gens entrent dans le labyrinthe, ils ont un bracelet avec le numéro qu’ils peuvent appeler, s’ils se perdent, explique Mathieu Forget. On peut les sortir en moins de cinq minutes, grâce aux repères aménagés dans le maïs. Ceux qui ont appelé la police n’avaient pas regardé leurs bracelets. »
Le principe est sensiblement le même à la Ferme Guy Rivest, de Rawdon, dans la région de Lanaudière. À cet endroit, le labyrinthe de maïs couvre une superficie de six hectares. Christine Rivest, copropriétaire de la ferme avec son frère et ses parents, en fait son affaire depuis 2018.
Les Rivest, comme les Forget et plusieurs autres maraîchers qui misent sur l’agrotourisme, ne ménagent pas les efforts pour en mettre plein la vue. « Si on additionne le travail de toute l’équipe, c’est au moins 400 heures de travail avant d’ouvrir [le labyrinthe] », dit Mme Rivest.

Défis
Chacun a sa technique pour effectuer le tracé du parcours – toujours savamment planifié, parfois à partir d’une feuille quadrillée – lorsque le maïs commence à sortir de terre. Tracteur à gazon, pioches et force manuelle font partie de l’arsenal utilisé pour ouvrir les sentiers qui seront foulés par les adeptes du genre, jusqu’à la récolte du maïs, à la fin octobre.
La proximité de la fête de l’Halloween offre également l’occasion d’ajouter quelques frissons à l’expérience.
À certains endroits, comme au Verger Labonté, à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, le labyrinthe propose littéralement une « quête immersive ». Sur le thème du « Seigneur des Flambeaux », les visiteurs doivent protéger une flamme magique, éviter les pièges, résoudre les énigmes et récolter les indices.
Avec la centaine de questions disséminées dans le labyrinthe de la ferme, Christine Rivest en profite plutôt pour mettre à l’épreuve la culture générale des petits et grands. Un thème différent est exploité chaque année.
Plusieurs parcours, adaptés selon les groupes d’âge, sont proposés à plusieurs endroits. Il faut généralement prévoir entre une et deux heures pour sortir des labyrinthes dignes de ce nom.
De l’eau au moulin
Tout ce travail en vaut cependant le coup, estiment les maraîchers sondés. Les labyrinthes et autres activités agrotouristiques attirent des visiteurs à la ferme, affirme Mathieu Forget. Et c’est l’objectif visé.
« Le marché d’automne est le marché le plus important à la ferme, dit celui qui cultive plusieurs variétés de fruits et légumes. Il faut mettre le paquet. »
Comme le maïs du labyrinthe est, malgré tout, récolté à la fin octobre, Mathieu Forget évalue à 10 % à 15 % la perte de rendement occasionnée par l’aménagement des sentiers. « Mais on va s’entendre que ça me fait vendre beaucoup de courges et de citrouilles, par exemple », dit-il.
La Ferme Guy Rivest, qui produit et transforme des petits fruits et des légumes, y trouve également son compte.
Ça génère un achalandage dans une période où il y en avait moins. Ça compense la perte de rendement.
Dans la plupart des endroits, une tarification oscillant autour d’une dizaine de dollars est imposée aux visiteurs prêts à mettre leur sens de l’orientation à l’épreuve.
Curiosité : le plus grand labyrinthe de maïs du monde se trouve à Kamouraska. Photo : Gracieuseté du Grand Labyrinthe Kamouraska
Record Guinness
Le plus grand labyrinthe de maïs du monde se trouve à Kamouraska. Aménagé sur 26 hectares, il a établi un record Guinness en 2022. Le promoteur du projet, Luc Pelletier, loue la terre à un agriculteur de la région. Moins de 10 % des visiteurs réussissent à sortir du labyrinthe, sans tricher, rigole M. Pelletier.
Le labyrinthe élaboré en 2025 marque la dixième saison de ce projet extravagant. Les promoteurs assurent que l’ensemble de l’œuvre est entièrement fait à la main.