Le biochar agit en véritable éponge pour retenir les nutriments et l’humidité dans le sol.
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenant
Fondée en 1955, Feuille d’érable s’est d’abord spécialisée dans la production de charbon de bois pour barbecue. Mais depuis quatre ans, cette charbonnerie artisanale de la région de Portneuf explore un marché prometteur : celui du biochar destiné à l’horticulture et à l’agriculture.
« Ce produit est fabriqué à partir de résidus de bois franc dur comme l’érable, le merisier et le hêtre, par une pyrolyse lente qui fixe et stabilise le carbone contenu dans la structure des tissus des végétaux et qui crée une matière poreuse, très légère et riche en carbone, ce qui en fait une véritable éponge pour retenir les nutriments et l’humidité et surtout, qui devient un formidable allié pour améliorer ou restaurer la santé des sols », explique Daniel Matte, directeur général de l’entreprise.

Sa structure poreuse crée un environnement favorable aux microorganismes, ce que Daniel Matte compare à « un hôtel cinq étoiles pour la vie du sol ». Il aide également à maintenir le sol meuble, facilite l’infiltration de l’eau lors des pluies et retient l’humidité près des racines. Autre avantage non négligeable : le biochar neutralise le pH des sols acides et favorise la vie microbienne. Résultat : un sol plus fertile, plus aéré, mieux hydraté, et des cultures qui en bénéficient durablement.
Recommandé pour la majorité des cultures, le biochar se conserve longtemps dans le sol.
Pour améliorer les propriétés du sol, il est recommandé de faire plusieurs amendements successifs (année après année), puis de réduire les apports (fréquence/quantité) pour conserver le sol en santé et maintenir les bienfaits produits par les apports de biochar.
Cela réduit le besoin d’interventions (action mécanique, amendements de sol, chaulage, fertilisation, etc.) et fait du biochar un investissement intéressant pour les producteurs agricoles, notamment ceux en agriculture biologique, puisque le produit est certifié Ecocert.
En plus de ses bénéfices agricoles, le biochar, par sa haute teneur en carbone stable, agit comme un puits de carbone dans le sol. De plus, par sa capacité de rétention des éléments fertilisants, il permet une réduction des apports d’engrais et contribue ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Des rendements améliorés
Les résultats concrets sur les rendements restent encore difficiles à quantifier, admet Daniel Matte. Des essais sont en cours avec des centres de recherche afin de mesurer précisément les effets du biochar selon les types de sols et de cultures. « On n’a pas encore toutes les données, mais les rendements sont là », souligne-t-il.
L’efficacité du biochar dépend largement de la quantité appliquée, qui varie de 2 à 10 tonnes à l’hectare selon la culture et le type de sol, précise M. Matte. Avant d’être épandu, il est préférable que le produit soit humidifié et mélangé à du compost pour qu’il puisse « se charger » en nutriments et microorganismes bénéfiques.
« Si on l’applique au printemps, on recommande de le laisser reposer ainsi pendant deux à quatre semaines avant de l’incorporer au sol. À l’automne, ce temps de repos n’est pas nécessaire, car le biochar aura tout l’hiver pour s’équilibrer naturellement avec le sol », explique Daniel Matte. L’épandage peut se faire avec de la machinerie agricole standard, sans nécessiter d’équipement spécialisé.
Répondre à la demande
Forte d’une capacité de production de plusieurs milliers de tonnes annuellement et d’une équipe de 25 employés, Feuille d’érable sera en mesure de répondre à l’augmentation de la demande. « Le biochar représente bien plus qu’une simple valorisation de résidus : c’est une innovation qui aide les producteurs à améliorer leurs rendements et à répondre aux enjeux environnementaux actuels et futurs », affirme Daniel Matte.
Le développement du biochar agricole a été facilité par un changement réglementaire survenu à l’automne 2020. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a alors retiré le biochar issu de biomasse forestière de la liste des produits qui requéraient un enregistrement auprès de la Loi sur les engrais.

Ce portrait d’entreprise est une présentation de
