Lait 18 septembre 2025

Une non-agricultrice investit dans 17 vaches Canadiennes pour aider à sauver la race 

« Je ne ferai peut-être pas une grosse différence, mais si je peux en faire une petite, je serai très heureuse! » C’est cette citation qui semble le mieux définir le parcours hors de l’ordinaire de Johanne Simard, qui utilise ses propres économies depuis six ans pour acquérir, nourrir et même faire reproduire des vaches de race Canadienne, sans qu’elle en tire aucun bénéfice, sauf celui de contribuer à sauver la race de l’extinction. 

« Ce n’est pas évident. Je n’ai pas de ferme ni de quotas », raconte cette résidente de la Montérégie, qui a dû trouver différentes fermes, ces dernières années, pour héberger ses animaux, lesquels se situent aujourd’hui principalement dans le Bas-Saint-Laurent, mais aussi en Montérégie et en Outaouais.

Johanne Simard connaît le milieu agricole. Elle détient un diplôme universitaire en agronomie et travaille aujourd’hui à son compte en phytoprotection. En 2018, elle visite une ferme dans Charlevoix, où se trouve des Canadiennes, dont l’histoire lui tombe dans l’œil. Peu après, elle voit passer un appel à tous par l’Association de mise en valeur de la race bovine canadienne visant à sauvegarder certains sujets.

Il y a eu une annonce. C’était une vente pour préserver des vaches pur sang. C’est là que j’ai acheté mes premiers animaux. Après, j’en ai acheté une dizaine d’autres!

Johanne Simard

Ses vaches ont été hébergées dans différentes fermes, selon leurs disponibilités et moyennant une forme de rémunération et de compensations aux agriculteurs, qui la soutiennent dans sa mission.

Johanne Simard ne fait pas que maintenir des Canadiennes en vie, elle veut contribuer à améliorer la race, elle qui a procédé à cinq implantations d’embryons. Sans demander d’aide financière, elle a aussi investi dans la fécondation in vitro pour reproduire la génétique de l’une de ses meilleures vaches, nommée Reine, qui mettra bas en février. « J’ai de bons sujets, de jeunes taures qui s’en viennent. J’ai aussi une vache qui se démarque beaucoup, Étoile, avec un pis exceptionnel. D’ici deux ans, on devrait voir une différence dans mon troupeau. Le meilleur est à venir! » espère Mme Simard. 

Les vaches taries et les taures sont hébergées dans une autre ferme que les vaches en lactation. Photo: Gracieuseté de Johanne Simard

Si elle tient à assurer la descendance de ses deux ou trois meilleures vaches, ce n’est pas pour réaliser des gains financiers avec la vente d’animaux, car il n’y aura pas de profits, assure-t-elle. Lorsqu’on lui parle de sommes investies, Johanne Simard n’ose révéler le montant. « Il ne faut pas regarder le portefeuille, car j’abandonnerais. Je le fais par passion. Aider la Canadienne, c’est devenu une cause que je trouve importante, et si je peux contribuer au collectif, tant mieux », conclut-elle.