Bovins 12 septembre 2025

Avenir incertain pour l’Encan Sawyerville

Après qu’un important incendie ait ravagé l’Encan Sawyerville, en Estrie, le 5 septembre, les activités de l’entreprise de Cookshire-Eaton ont été, en partie, relocalisées à Danville. Au moment d’écrire ces lignes, la famille propriétaire de l’encan ne savait toutefois pas si la reconstruction irait de l’avant. 

Le bâtiment est « une perte totale », a mentionné le copropriétaire Philippe Lafaille, trois jours après l’incendie qui a aussi emporté sept vaches et quatre cochons.

C’est sûr que notre but premier, c’est de reconstruire, mais est-ce que c’est envisageable? On ne le sait pas. Si ça coûte 4 M$ pour rebâtir et que les assurances donnent seulement la moitié de la somme, est-ce que c’est rentable de le faire? C’est tout ça qu’il reste à voir dans les prochains temps.

Philippe Lafaille

Philippe Lafaille, dont la famille élargie produit du lait, des veaux d’embouche et du foin de commerce, est conscient que les éleveurs de l’Estrie subiraient les contrecoups d’une telle décision.
« C’est sûr que ça va changer leur réalité s’ils sont obligés d’envoyer leurs animaux à Saint-Hyacinthe ou à l’extérieur. C’est sûr que ce n’est pas le même prix pour le transport », indique celui qui espérait pouvoir en dévoiler davantage prochainement. 

Relocalisés à Danville

Afin d’éviter les bris de services aux éleveurs locaux, la famille Lafaille s’est affairée, dès le lendemain de l’incendie, à transférer son système informatique à l’encan de Danville. Le nouvel emplacement, situé à une heure de route de Cookshire-Eaton, a toutefois une capacité d’accueil inférieure à celle de son ancien établissement. Pour les 300 animaux de réforme qui sont vendus chaque semaine dans ses installations, le service sera assuré à Danville pour une durée indéterminée. L’encan de veaux d’embouche du 11 septembre a cependant été annulé. L’encan accueille près de 15 000 bouvillons par année. 

Les Producteurs de bovins du Québec (PBQ) ont œuvré à trouver une solution pour les éleveurs de veaux d’embouche. « Dans l’immédiat, les producteurs sont invités à préinscrire leurs veaux d’embouche en communiquant directement avec l’encan de leur choix, par exemple à La Guadeloupe ou à Saint-Isidore, ou encore à participer à l’enchère électronique organisée par les PBQ », a indiqué l’organisation. Une première devait avoir lieu le 16 septembre et une autre est prévue le 7 octobre.

La perte d’un deuxième lieu de socialisation

Étant donné que ses prochains veaux d’embouche seront prêts à être vendus seulement à la fin de l’automne, l’éleveuse Sylviane Bégin ne subira pas immédiatement les contrecoups de la fermeture temporaire de l’encan situé à 20 minutes de la ferme. Elle déplore cependant la perte d’un deuxième lieu de socialisation agricole dans la municipalité de Cookshire-Eaton, après l’incendie qui a ravagé la Meunerie Sawyerville à la fin juillet. Assister à la vente de ses veaux aux côtés d’une vingtaine d’autres producteurs à l’encan était une importante source de motivation pour l’éleveuse. « D’habitude, pendant l’encan, on se prend un petit café et on jase. J’étais tout le temps fière des veaux que j’emmenais, alors chaque fois que mon numéro de lot arrivait, je me levais. J’avais toujours une blague ou quelque chose à dire sur mes veaux et tout le monde souriait. C’étaient les veaux de La Paysanne. Tu finissais ton café et tu rentrais chez toi avec ton chèque entre les mains. Mais est-ce que je vais faire une heure de route pour aller voir mes veaux à Danville? Non », a-t-elle témoigné, en précisant que les transporteurs de la région devront également revoir leurs itinéraires.