Politique 10 septembre 2025

Remaniement ministériel : Donald Martel hérite du portefeuille agricole

Le 10 septembre, le député Donald Martel a été assermenté à titre de ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec aux côtés des 29 autres ministres formant le nouveau cabinet de François Legault.

Rappelons que le départ d’André Lamontagne du conseil des ministres avait été confirmé deux jours plus tôt étant donné qu’il ne compte pas se présenter aux prochaines élections provinciales dans près d’un an.

L’ancien ministre a toutefois cédé sa place à un autre député du Centre-du-Québec, Donald Martel, qui représente la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la circonscription de Nicolet-Bécancour depuis 2012.

Sous les couleurs de la CAQ, le député natif de Grand-Mère, en Mauricie, a été porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’agriculture, de pêcheries et d’alimentation de 2012 à 2014, puis durant 9 mois en 2017. Ce rôle l’a mené à siéger à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles.

Donald Martel a occupé les fonctions d’adjoint parlementaire de la ministre de l’Économie avant d’être assermenté comme ministre de l’Agriculture, le 10 septembre. Photo : Assemblée nationale du Québec

Il a également été membre de la Commission de l’aménagement du territoire de 2015 à 2017. Depuis 2022, le nouveau ministre s’est vu confier les fonctions d’adjoint parlementaire de la ministre de l’Économie et a occupé un siège à la Commission de l’économie et du travail.

Avant son élection, Donald Martel a fait carrière dans la sphère municipale. Il a entre autres occupé les fonctions de directeur général et de secrétaire-trésorier de la municipalité régionale de comté (MRC) de Nicolet-Yamaska de 1994 à 2012.

Donald Martel a été porte-parole de la CAQ en matière d’Agriculture de 2012 à 2014, lorsque le parti formait le deuxième groupe d’opposition. Photo : Facebook/Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour à l’Assemblée nationale

Réactions

C’est à titre de conseiller municipal que le producteur porcin Yvan Fréchette, de Saint-Zéphirin-de-Courval, dans le Centre-du-Québec, a d’abord côtoyé Donald Martel, de 1995 à 2012. Puis, lorsque M. Fréchette est devenu le représentant régional des Éleveurs de porcs du Québec avant de s’impliquer dans l’organisation provinciale, il l’a côtoyé à titre de député. Le producteur décrit Donald Martel comme une personne qui connaît les dossiers agricoles. « Sa région est agricole, alors régulièrement, il reçoit de la visite de gens à son bureau de député pour des problématiques agricoles. Il est au courant. Il connaît l’ASRA, il connaît les programmes que le MAPAQ a développés ces dernières années, que ce soit dans le domaine maraîcher, animal, ou dans celui de l’eau, car dans son coin, il y a eu des glissements de terrain depuis les cinq dernières années, a-t-il dit à La Terre. Donald Martel, c’est un homme de terrain. On ne peut pas lui enlever ça. »

Un meilleur soutien financier

Bien qu’elle salue les accomplissements du ministre sortant, l’Union des producteurs agricoles (UPA) estime que le principal défi de Donald Martel sera d’arrimer le soutien financier actuellement disponible aux besoins du secteur agricole. Selon l’organisation, l’importante diminution (de 1,2 G$ en 2021 à 29 M$ en 2024) du revenu net des fermes et l’atteinte d’une dette agricole sans précédent nuisent à la pérennité du secteur. L’UPA souhaite notamment que le gouvernement du Québec consacre, comme d’autres juridictions à travers le monde, 2 % de ses dépenses à l’agriculture contrairement au 1 % présentement octroyé.

« Le gouvernement du Québec a fait preuve de leadership en matière de sécurité et d’autonomie alimentaire, ces dernières années. Le nouveau ministre doit s’inspirer de cet élan mobilisateur, à la lumière notamment des tensions commerciales persistantes avec la Chine et les États-Unis, et donner suite aux attentes du secteur », a affirmé le président de l’UPA, Martin Caron, tout en offrant au nouveau ministre la pleine et entière collaboration de son organisation.


Jean-François Simard, nouveau ministre des Forêts

Jean-François Simard, le député de Montmorency – dont la circonscription englobe une partie de la ville de Québec – s’est vu attribuer le ministère des Ressources naturelles et des Forêts, le 10 septembre.

Élu sous les couleurs du Parti québécois en 1998, il a siégé dans différentes commissions parlementaires et a été occupé le poste de ministre de l’Environnement pendant un an. Après une défaite aux élections de 2003, le député est revenu en politique en 2018 lors de la vague caquiste. Au cours des dernières années, il a été président de la Commission des finances publiques et membre de la Commission de l’Assemblée nationale.

Le nouveau ministre aura à mener à bien la réforme du régime forestier entamée par sa prédécesseure, Maïté Blanchette Vézina.

La Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) accueille favorablement cette nomination. « Nous saluons la nomination de M. Jean-François Simard et espérons qu’il saura reconnaître l’importance stratégique de la forêt privée dans l’économie forestière québécoise. La FPFQ offre sa collaboration au nouveau ministre afin de travailler sur des politiques qui miseront sur les multiples potentiels de la forêt privée et mettront à profit les actifs, le savoir-faire et le dynamisme des 162 900 propriétaires forestiers québécois », a déclaré le président de l’organisation, Gaétan Boudreault.