Pierre-Luc Desnoyers a été étonné de la productivité des plants dans l’un de ses champs de cantaloups où il n’y a pratiquement pas eu d’eau de l’été. Photos : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-DAMASE – Après quatre semaines de récolte intense, il ne restait presque plus de cantaloups dans les champs des Jardins Claude & Louisa, lors du passage de La Terre à Saint-Damase, en Montérégie, le 3 septembre. Le printemps pluvieux et froid, qui a compliqué la période des transplants, suivi d’un été sec et chaud, a laissé place à une très courte saison, mais à une grande abondance de fruits.
« Tout est sorti en même temps, à cause de la chaleur. On a vraiment eu beaucoup de cantaloups », s’étonne Pierre-Luc Desnoyers, qui a même été contraint d’abandonner quelques surplus de fruits, parce qu’il y en avait trop par rapport à la demande.
La quasi-absence de pluie pendant plusieurs semaines et les bassins à sec rendant l’irrigation impossible par endroits auraient pu nuire au rendement, mais ça n’a pas été le cas. Les quantités ont été au rendez-vous, de même que la qualité. « Je n’ai jamais vu un champ de cantaloups avec autant de cantaloups, sans avoir mis d’eau », constate le producteur, en balayant du regard l’un de ses champs où quelques fruits sont encore à récolter.
Habituellement, on irrigue trois fois par semaine, au besoin, mais ici, je n’ai pas mis d’eau, et les rendements ont été comparables à l’autre champ [où il a été possible d’irriguer].
Une malchance qui tourne bien
Pierre-Luc Desnoyers raconte avoir semé des cantaloups pour la première fois en 20 ans sur cette parcelle. Normalement, les propriétaires de cette ferme spécialisée dans les primeurs ne font que des transplants qu’ils préparent en serre, ce qui leur permet d’avoir une récolte plus hâtive.
Or, les conditions climatiques difficiles du printemps les ont incités à semer, cette année, pour remplacer de nombreux transplants qui ont succombé au froid et aux coups d’eau. Ils ont choisi cette stratégie pour sauver les meubles parce qu’il aurait été trop coûteux – et trop long – de préparer de nouveaux plants à retransplanter.
Finalement, cette mésaventure leur a permis de constater que les plants semés de cantaloups, plus vigoureux, sont potentiellement plus résistants à la sécheresse et qu’ils ont un meilleur développement lorsqu’il fait chaud que les transplants. Les maraîchers tirent cette conclusion du fait que les parcelles semées, où l’irrigation n’a pas été possible cet été, ont été aussi productives que les champs transplantés qui ont été arrosés.
« Transplanter permet de commencer plus tôt, mais en semant aussi, peut-être que ça nous permettrait d’éparpiller nos risques », fait remarquer le maraîcher, qui entend explorer cette hypothèse dans les prochaines années.
Le revers de l’abondance
L’abondance de cantaloups, à un moment où la demande n’était pas au rendez-vous, toutefois, n’a pas permis à la ferme d’obtenir de bons prix dans cette production, estime Pierre-Luc Desnoyers. Ses récoltes, qui ont commencé avec deux semaines de retard en raison des mésaventures du printemps, lui ont fait rater le marché de la primeur. En revanche, il a obtenu de bons prix pour ses récoltes hâtives de maïs et de choux.
Des pastèques plus petites
À proximité du champ de cantaloups, des travailleurs s’affairent à la récolte de pastèques que la ferme produit en petites quantités pour garnir son kiosque. Des employés cueillent les melons, puis les lancent à leurs collègues, qui sont postés sur une plateforme tirée par un tracteur. Cette année, les fruits sont plus petits que la normale. Ils auraient eu besoin de plus d’eau que les cantaloups, remarque Pierre-Luc Desnoyers.
Des piments forts résistants
Normalement, aux Jardins Claude & Louisa, les piments forts sont irrigués au goutte à goutte lorsque survient une sécheresse, mais comme les bassins étaient à sec, cette année, il n’a pas été possible de les arroser. Dans l’ensemble, les fruits s’en sont bien tirés, malgré tout, note Pierre-Luc Desnoyers. Les plants ont produit un peu moins et la saison sera écourtée, mais la qualité est au rendez-vous. « Le piment fort a moins de chair que le poivron, donc le plant est capable de tolérer le manque d’eau, dépendamment des variétés », indique-t-il.