Technique 2 septembre 2025

Le travail de sol… au bon moment, et pour les bonnes raisons

À peine les récoltes sont-elles terminées, que déjà l’œil se tourne vers le printemps suivant. Faut-il enfouir les résidus? Travailler le sol en surface ou en profondeur? Rééquilibrer la structure? À l’automne, les décisions se bousculent, et l’agriculteur reste actif.

Porté par les incitatifs du Plan d’agriculture durable (PAD), le non-labour gagne du terrain, de même que les pratiques plus douces, comme le travail en surface. Ce dossier propose une mise en contexte agronomique et économique des différentes options qui s’offrent aux producteurs québécois à l’automne, selon les cultures et les objectifs.

Car travailler le sol à l’automne ne se résume pas à une routine annuelle : il s’agit d’un véritable exercice de stratégie. Les pratiques doivent être choisies en fonction de l’état du sol, du degré de compaction, du type de culture envisagée et des conditions météo. Loin des approches uniformes, les experts s’accordent sur l’importance d’une observation attentive du terrain.

Le travail en profondeur, par exemple, demeure un outil pertinent pour corriger une compaction réelle, mais il ne doit pas être utilisé à l’aveugle. Il exige un diagnostic précis – profil de sol à l’appui –, un moment d’intervention bien choisi et une exécution méticuleuse. Surtout, ses effets s’avèrent temporaires si les pratiques à l’origine du problème ne sont pas corrigées.

Interventions minimales

À l’autre extrémité du spectre, plusieurs producteurs se tournent vers des interventions minimales, parfois limitées à une déchaumeuse ou à un outil à dents, combinées à l’implantation d’un engrais vert. Cette approche permet de préserver la structure du sol, de limiter l’érosion et de maximiser les bénéfices agronomiques et environnementaux, tout en répondant aux exigences du PAD.

Les applications d’amendements, comme la chaux, s’intègrent aussi à cette réflexion automnale. Bien appliquée et incorporée, la chaux permet de rétablir le pH du sol et d’en améliorer la structure à long terme. Mais là encore, le bon choix dépend d’une lecture fine des besoins du sol.

Les avancées en agriculture de précision permettent désormais de moduler les interventions selon la variabilité des champs, réduisant ainsi les intrants et maximisant l’efficacité du travail effectué à l’automne.

En somme, ce dossier met en lumière les leviers agronomiques à la disposition des ­producteurs pour tirer profit de l’automne, sans compromettre la santé des sols. ­Travailler moins, mais mieux : c’est peut-être la clé d’une agriculture plus durable.