Plutôt que d’acquérir plusieurs vaches séparément, comme Yvonne Becker l’avait fait à son précédent démarrage, le couple a opté pour l’achat d’un troupeau entier, dont les animaux étaient déjà habitués de vivre ensemble en stabulation libre. Photos : Caroline Morneau / TCN
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S'abonner maintenantSAINT-DAMASE – Sur une parcelle de leur verger qui était désuète, des agriculteurs de Saint-Damase, en Montérégie, ont choisi de remplacer les vieux pommiers non pas par de jeunes arbres fruitiers, mais par une belle étable neuve et robotisée.
« J’ai été élevée dans une ferme laitière. J’en ai aussi démarré une avec le père de mes enfants. Quand je me suis séparée, j’ai vendu mes parts à mon ex, mais dans ma tête, c’était clair que je recommencerais avec des vaches. Je ne pouvais pas concevoir de ne pas en avoir », raconte Yvonne Becker, qui a finalement acquis un verger avec son conjoint actuel, Mathieu Fréchette, en 2019.
Les propriétaires de la Halte de la Montagne ne s’en cachent pas : lorsqu’ils ont saisi l’occasion d’acheter le site, c’était pour avoir une terre sur laquelle bâtir une étable dans un avenir rapproché. Entretemps, ils se sont découvert un intérêt pour la production de pommes et de poires, qu’ils vendent à l’autocueillette. Ils exploitent aussi une petite érablière de 700 entailles non loin de là.
« Je pense que c’est bon d’avoir une diversification. Ce n’est jamais mauvais de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. S’il y a une année que ça va moins bien dans le lait, dans un autre secteur, ça peut mieux aller pour compenser », croit l’agricultrice, dont la ferme laitière est entrée en activité en 2024, après l’obtention d’une aide au démarrage des Producteurs de lait du Québec (PLQ). À ce jour, le couple d’entrepreneurs possède 56 kilos de quota et 36 vaches, dont 28 en lactation, et prévoit acquérir d’autres animaux, leur étable étant conçue pour en accueillir davantage.
Complémentaires et efficaces
En accueillant La Terre dans sa lumineuse et spacieuse étable en stabulation libre, où ses vaches sont couchées confortablement sur de la litière compostée, Yvonne Becker explique que son conjoint et elle occupent des emplois à l’extérieur de la ferme. Elle est nutritionniste animale, tandis que Mathieu Fréchette est transporteur et commerçant de grains. Il exploite aussi une entreprise en excavation et est très habile manuellement. « Mon chum fait les bons achats, tandis que moi, je suis capable de faire une bonne ration qui est efficace », explique l’entrepreneure.
Elle précise ne pas posséder de grandes superficies de terre, mais être capable de produire juste ce qu’il faut de maïs à entreposer dans des sacs d’ensilage pour nourrir ses animaux toute l’année. En complément à la ration, le couple achète son foin sec.
Ça nous permet d’être hyper stables à l’année pour l’alimentation. C’est zéro changement, même en été, et ça fonctionne très bien pour nous. C’est ce que la vache veut.
Plutôt que d’acquérir plusieurs vaches séparément, comme Yvonne l’avait fait à son précédent démarrage, le couple a opté pour l’achat d’un troupeau entier, dont les animaux étaient déjà habitués de vivre ensemble en stabulation libre. « Ç’a beaucoup facilité le démarrage. Quand on a commencé, les vaches étaient calmes, parce qu’elles se connaissaient. Il n’y a pas eu de batailles de dominantes et de dominées. On a eu un démarrage en douceur », indique Mathieu Fréchette.
Le choix de la litière compostée, constatent par ailleurs les producteurs, s’avère avantageux pour le confort des animaux, à condition d’avoir une bonne régie du fumier et de bien l’aérer matin et soir. « Le compost, s’il est mal fait, il y a un risque de bactérie et d’infection pour les vaches, mais quand c’est bien fait, c’est super. Nos vaches sont en bonne santé, elles n’ont pas de mammite », fait valoir la productrice. D’ailleurs, le couple s’est vu attribuer un certificat de grande distinction des PLQ pour la qualité de leur lait dès leur première année de production.

De la litière compostée pour chauffer l’étable
Dès la conception du bâtiment, Mathieu Fréchette explique avoir élaboré un système de récupération et de redistribution de la chaleur produite par le processus de compostage de la litière sur laquelle se couchent les vaches laitières. La litière est composée de fumier, qui, une fois mélangé à de la ripe de bois, vient créer de la chaleur. « On a passé beaucoup de tuyaux dans le plancher de béton [sous la litière] pour aller récupérer cette chaleur-là et la distribuer dans les endroits qui en ont besoin », explique l’agriculteur, spécifiant que le compost réchauffe le plancher où se trouvent les vaches ainsi que les tuyaux qui se rendent jusqu’à la pouponnière et la laiterie. Ainsi, l’eau qui passe dans les conduits devient chaude aussi. Elle circule et va réchauffer le plancher ailleurs dans le bâtiment. Les producteurs économisent ainsi en électricité pour chauffer l’étable durant l’hiver.

La Halte de la Montagne participera aux Portes ouvertes sur les fermes du Québec, dimanche le 7 septembre.