Territoire 29 août 2025

La prospection pour le développement éolien se poursuit

Alors que les projets éoliens privés sélectionnés lors des deux premiers appels d’offres lancés par Hydro-Québec en 2021 et 2023 cheminent à travers le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)  et la Commission de protection du territoire agricole du Québec, les démarches de prospection se poursuivent dans certains secteurs de la province en vue d’un possible troisième appel d’offres. 

Dans la région de Chaudière-Appalaches, des producteurs agricoles de Saint-Charles, de Saint-Gervais et de Saint-Henri ont été approchés dernièrement par une compagnie qui envisage le développement d’un parc éolien pour approvisionner Hydro-Québec en 2032. Une rencontre organisée par le syndicat local de l’Union des producteurs agricoles s’est d’ailleurs tenue le 15 août, à Saint-Charles, pour répondre aux questions d’une trentaine de producteurs agricoles avant que ceux-ci ne reçoivent la visite du promoteur. « On peut maintenant se référer au cadre de référence d’Hydro-Québec pour les contrats, mais selon moi, c’est vraiment le minimum. Et il y a encore plein de questions auxquelles on n’a jamais de réponses : est-ce que le montant qui nous est proposé par la compagnie est un bon prix? Le bruit, ça va ressembler à quoi? Les tensions parasites, est-ce que ça va changer quelque chose? Les droits qu’ils prennent, est-ce que c’est juste pour un bout ou sur toute ma terre? Et si le projet évolue, est-ce qu’il peut s’étendre à l’infini? Est-ce que je garde le contrôle sur mon terrain? » énumère en rafale un producteur de la région. Il retient de cette rencontre le conseil de consulter un avocat ou un notaire avant de signer un contrat qui donne un droit d’accès à la troisième dimension (l’air) sur leur terre, pour s’assurer que toutes les clauses sont bien comprises. 

Espoir d’une exclusion agricole 

Rachel Fahlman, présidente de Vent d’élus, un regroupement d’élus municipaux mobilisés pour une meilleure protection du territoire agricole et un processus plus démocratique dans le développement des projets éoliens au Québec, estime que rien ne semble avoir changé depuis un an, malgré les pressions citoyennes pour qu’il y ait une plus grande transparence.

On dirait que c’est la même chose qui se répète chaque fois : les promoteurs commencent à faire signer des contrats avant que la population soit informée du projet.

Rachel Fahlman

Elle trouve malgré tout encourageant qu’Hydro-Québec ait inclus dans son plus récent appel d’offres pour le développement de l’énergie solaire une clause qui exige que les projets soumis ne soient pas réalisés en zone agricole. « Donc on a espoir que ce pourrait être la même chose pour les prochains appels d’offres dans l’éolien », souhaite-t-elle.