Transformation 15 août 2025

L’abattoir de Luceville vise la croissance

Le Groupe ADEL, propriétaire de l’abattoir de Luceville dans le Bas-Saint-Laurent, passe à la vitesse supérieure. Un projet d’expansion a été lancé, entre autres, pour permettre à ses produits, commercialisés sous la marque Viandes de l’Est, de gagner des parts de marchés au Québec et ailleurs au Canada.

Manon Cambefort

« Quand on a pris possession de l’abattoir en 2021, on a créé un plan en trois phases qui visait la sauvegarde de l’entreprise, sa restructuration et son développement », explique la copropriétaire et directrice générale du Groupe ADEL, Manon Cambefort. « Les deux premières phases ont été complétées avec succès. On entame la troisième », indique-t-elle.

Le Groupe ADEL, propriétaire de l’abattoir de Luceville, dans la région du Bas-Saint-Laurent, passe à la vitesse supérieure. Photo : Gracieuseté du Groupe ADEL

Dans la foulée de ce « nouveau chapitre », le Groupe ADEL, actuellement titulaire d’un permis d’abattoir provincial, a entrepris des démarches pour obtenir une accréditation fédérale de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Cela s’accompagne d’investissements – qualifiés de majeurs, mais non dévoilés – permettant d’optimiser et d’automatiser les installations du seul abattoir qui sert l’est de la province. Par souci environnemental, des équipements de chauffage fonctionnant au mazout ont déjà été convertis au propane. Cela se traduira cette année par une diminution de 5,6 tonnes des émissions de gaz à effet de serre, souligne Mme Cambefort. 

« On est dans la finalisation du financement et des subventions, mais, avec le contexte économique actuel, les taux d’intérêt ont augmenté et on a dû se réajuster », dit la directrice générale.

Tout cela permettra, à terme, d’accélérer la commercialisation de Viandes de l’Est, dont les produits proviennent exclusivement du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. La licence fédérale permettra notamment d’explorer de nouveaux marchés dans les provinces voisines, ce que le permis provincial actuel ne permet pas.

Nouveaux horizons

Selon la directrice générale, la marque Viandes de l’Est a été lancée en 2023 et, à ce jour, l’expérience est concluante.

Le consommateur aime la traçabilité de la viande et veut connaître l’histoire derrière la marque, mentionne-t-elle. Et les restaurateurs sont au rendez-vous.

Manon Cambefort

Le volet institutionnel ainsi que les marchés de Québec et de Montréal sont particulièrement dans la mire du Groupe ADEL. « Les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ne sont pas une priorité, dit Manon Cambefort. On laisse la place à nos producteurs qui font leur propre mise en marché. »

Selon la dirigeante, la modernisation de l’abattoir, où travaillent 30 personnes, devrait générer de nouveaux emplois. 

L’abattoir est à la fois multiespèces (agneau, bœuf, porc, bison) et hybride. La commercialisation de sa marque s’ajoute aux services d’abattage et de découpes à forfait offerts. Bien que l’agneau soit l’espèce la plus présente à l’abattoir de Luceville, une augmentation de la production de bœuf est particulièrement visée avec le projet de développement. 

« Actuellement, notre autorisation est de 35 bœufs par jour, par rapport aux eaux usées, explique Manon Cambefort. On travaille, parallèlement à tout ça, entre autres avec la Municipalité, pour augmenter ce nombre. »