Grandes cultures 15 août 2025

Prograin subit une baisse de ses ventes de semences aux États-Unis

L’entreprise québécoise Prograin, chef de file canadien dans le développement et la commercialisation de semences de soya alimentaire – c’est-à-dire biologique et non génétiquement modifié (GM) –, rapporte une baisse de 50 % de ses ventes de semences pour la saison 2025 dans les États américains avec qui elle a l’habitude de faire affaire.

Jean-Pascal Laplante

La commercialisation des semences de soya et des fèves de soya est pour l’instant protégée des tarifs imposés par les États-Unis sur certains produits canadiens, puisqu’elle fait partie de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Or, c’est plutôt la crainte que les produits d’origine américaine soient boycottés à l’étranger qui a incité plusieurs producteurs de soya américains à diminuer leur production au début de la saison des semis 2025, explique Jean-Pascal Laplante, directeur des ventes et des exportations chez Prograin.

Plusieurs étaient inquiets que leurs clients en Asie ou en Europe refusent d’acheter leur produit d’origine américaine en réaction aux tarifs imposés par Donald Trump. Ils nous ont donc acheté moins de semences pour éviter de se retrouver avec des surplus de soya qu’ils ne pourraient pas exporter. Pour nous, ç’a donc eu un gros impact.

Jean-Pascal Laplante

Le semencier québécois dit faire de grandes ventes notamment dans le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Minnesota, des États qui sont d’immenses producteurs de soya, précise M. Laplante, et qui s’approvisionnent généralement en semences canadiennes, puisqu’ils estiment que la génétique des semences locales de soya non GM n’est pas optimale. 

Si la situation semble être revenue à la normale pour la saison 2026, Jean-Pascal Laplante estime que Prograin reste extrêmement vulnérable au climat politique tendu avec les États-Unis et que cette incertitude « va certainement influencer [ses] ventes de semences de soya en 2027 », craint-il.

L’entreprise exporte également des fèves de soya canadiennes destinées à la fabrication de tofu. Ces ventes n’ont pas subi de baisse. « Aucun contrat n’a été annulé avec nos clients américains », précise M. Laplante.

L’autre grand semencier québécois Ceresco, également spécialisé dans la vente de semences de soya non GM et la commercialisation de fèves de soya destiné à la transformation alimentaire, dit ne pas avoir remarqué de changement de stratégie chez les pays importateurs de soya par rapport au soya non GM d’origine américaine. « Mais il est vrai qu’une certaine base de la clientèle se pose des questions », reconnaît Christian Dagenais, président de Ceresco.