La Chine impose des droits de douane de 75,8 % sur le canola canadien

La Chine a annoncé, le 12 août, l’imposition de droits de douane préliminaires de 75,8 % sur le canola canadien, à la suite d’une enquête antidumping lancée l’année dernière en réponse aux droits de douane canadiens sur les véhicules électriques chinois.

Le ministère chinois du Commerce a publié mardi les détails du plan, affirmant que le dumping de canola canadien sur le marché chinois nuit à son marché intérieur de l’huile de canola.

Le Conseil canadien du canola (CCC) indique que « des enquêtes antidumping sont ouvertes lorsqu’un pays soupçonne qu’un produit est importé à un prix inférieur à celui auquel il est vendu dans le pays où il est produit ».

« Le CCC est convaincu que le commerce du canola entre le Canada et la Chine est conforme aux règles internationales du commerce », peut-on lire dans une déclaration publiée sur le site Web de l’organisation avant l’annonce de la Chine. Au moment d’écrire ces lignes, le Conseil n’avait toutefois pas encore commenté la décision douanière.

Le ministère chinois du Commerce a également indiqué mardi, dans une publication distincte sur les réseaux sociaux, que les deux pays s’étaient rencontrés il y a quatre jours pour discuter de commerce.

« Les deux parties ont eu des échanges approfondis et francs sur les relations économiques et commerciales bilatérales et sur leurs principales préoccupations économiques et commerciales, et ont échangé leurs points de vue sur l’approfondissement de la coopération économique et commerciale bilatérale, régionale et multilatérale », peut-on lire dans la publication.

Le Cabinet du premier ministre canadien a renvoyé tout commentaire sur les droits de douane sur le canola au ministre du Commerce international, qui n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

Le Canada a imposé des droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois en octobre 2024, une mesure qui sera réexaminée d’ici un an.

Le Canada fournit la majeure partie de son canola à la Chine, mais celle-ci exporte actuellement très peu de véhicules électriques vers le Canada.

L’an dernier, lorsque le Canada a imposé des droits de douane sur les véhicules électriques chinois – qui sont nettement moins chers que ceux fabriqués en Amérique du Nord, en partie grâce à des normes de travail et environnementales moins strictes et à des subventions publiques –, il a justifié cette mesure par la protection de « la transformation et des investissements prévus dans le secteur automobile canadien ».

« Des acteurs comme la Chine ont choisi de se donner un avantage injuste sur le marché mondial, compromettant la sécurité de nos industries essentielles et déplaçant les travailleurs canadiens dévoués de l’automobile et de la métallurgie. Nous prenons donc des mesures pour remédier à cela », avait alors déclaré Justin Trudeau, premier ministre de l’époque.

Les droits de douane chinois sur les véhicules électriques correspondaient à une mesure similaire prise par le président américain d’alors, Joe Biden.

Mais devant la chute des ventes de véhicules électriques au Canada à la suite de la fin abrupte du populaire programme gouvernemental d’incitation pour les véhicules zéro émission, qui offrait jusqu’à 5000 $ de réduction du coût d’un nouveau véhicule électrique, des groupes environnementaux ont demandé au Canada de revoir les droits de douane chinois sur les véhicules électriques afin de stimuler la concurrence sur le marché canadien.

« Autoriser un quota limité de ces véhicules abordables tout en reconnaissant les véhicules approuvés par l’UE […] ouvrirait le marché automobile canadien pour combler d’importantes lacunes, stimuler l’innovation et, en fin de compte, rendre notre secteur automobile plus compétitif », avait déclaré Clean Energy Canada en juillet.

Le Canada s’est engagé à rétablir une forme de rabais pour les Canadiens souhaitant acheter un nouveau véhicule électrique, mais n’a pas encore donné d’échéancier pour la mise en œuvre de cette mesure.


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