Serres 8 août 2025

Le prix du concombre de serre affaibli par l’abondance locale

Le prix du concombre de serre s’est grandement affaibli, ces derniers mois, en raison d’une offre abondante sur le marché québécois moussée par l’accroissement des rendements et des superficies produites au Québec.

La situation est « assez épouvantable » depuis le mois d’avril, indique le vice-président des Producteurs en serre du Québec, Sylvain Terrault. « Je ne pense pas qu’il se consomme moins de concombres, dit-il. Je pense qu’il y a trop d’offres et qu’il y a un débalancement. Est-ce qu’il y a eu une mauvaise concertation et tout le monde a décidé de faire un changement, une rotation dans les serres, et ils ont tous fait la même affaire? En tout cas, il a l’air d’avoir de l’offre en masse parce que les prix ont été relativement difficiles dans le concombre. »

L’abondance de concombres de serre, cet été, n’est pas reliée à des produits importés du Mexique ou des États-Unis chez le grossiste en fruits et légumes Courchesne Larose. Le vice-président, Guy Milette, explique qu’elle émane de la production locale, notamment parce que de gros joueurs, comme les Serres Toundra, au Lac-Saint-Jean, ont accru leur production depuis les cinq dernières années.

 Il y a cinq ans, ils n’en faisaient presque pas. Et puis là, c’est fou, la quantité qu’ils ont. Ils desservent toutes les chaînes. Et il y a beaucoup d’autres joueurs […] qui produisent quand même beaucoup comparativement à il y a quatre ou cinq ans.

Guy Milette

Solution en cas de ratés

L’un de ces joueurs, un producteur de concombres de serre ayant requis l’anonymat, mentionne que le concombre est une production vers laquelle plusieurs se tournent lorsque la production principale connaît des ratés. Selon lui, des superficies de tomates affectées par la rugose, de poivrons touchés par la fusariose et de fraises atteintes d’une maladie fongique ont été converties en production de concombres, tant au Québec qu’en Ontario, ces derniers mois. 

Il mentionne toutefois que les prix sont catastrophiques depuis novembre 2024 en raison de la surproduction mexicaine écoulée à faible prix sur le marché québécois. « Les producteurs mexicains avaient beaucoup, beaucoup de concombres. Ils vendaient ça à une ou deux piastres la caisse. Alors que je vendais une caisse 18 $ en 2023, elle ne valait plus que 8 $ en 2024 », dit-il. 

En 2025, il estime que ses revenus ont diminué de 40 % et pour contrer ce creux de vague, le producteur a accru ses rendements de 15 %. « Il faut sortir le plus d’unités par mètre carré. On n’a pas le choix; c’est comme ça qu’on peut se battre. Je ne peux pas contrôler le prix, mais j’essaie de contrôler mes rendements le plus possible », indique le producteur.